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 You Want Something ? [PV A. Lewis]

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A LITTLE MORE ABOUT ME

▬ Messages: 557
▬ Date d'inscription: 17/09/2011

MessageSujet: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Mer 28 Sep - 20:49






"Oh my Love... My Darling
I've Hungered for you touch
A long lonely time..."


La musique de Ghost "Unchained Melody" venait jusqu'à mes oreilles. Elle me berçait doucement, pénétrant dans mes songes les plus profonds. Elle venait me caresser les joues, remplaçant le vent. Elle m'enveloppait de ses bras fluides et invisibles, remplaçant mes vêtements. Je me baignais dans un champ de coquelicots, dans l'immensité rouge qui me recouvrait le corps de pétales flamboyants. Tout paressait irréel à mes yeux. Je me demandais ce que je faisais ici. Il n'y avait personne autour de moi, seul un champ de coquelicots avec un ciel jaune, sans soleil, sans nuage. Et toujours cette même musique reposante qui résonnait dans le ciel.

"I need your love, I need your love...
God speed your love to me..."


Je m'asseyais donc sur un tapis oriental qui se trouvait à deux pas de moi. La tapisserie était magnifique, les couleurs chatoyantes donnaient la sensation d'avoir chaud et la seule idée que j'avais en tête était de m'allonger dessus, m'enrouler avec! Je pouvais contempler les fines dorures délicieusement entremêlées avec différents fils de couleurs chaudes. Tout cela pour former des formes harmonieuses de type bien orientale. Soudainement, de la nourriture apparaissait sur le tapis. Toutes sortes de pâtisseries jaillissaient sous mes yeux avides de goûter à tout. Charlotte à la fraise, éclairs aux chocolats, des jésuites, des forêts noires, des Paris-Brest... et d'autres merveilles encore plus appétissantes. A savoir maintenant pourquoi, parmi toutes ces gourmandises alléchantes, mon patron se promener sur le tapis... mais en version miniature. Je retenais de rire en voyant Jeff essayait de me parler, mais sans succès. Il ressemblait à une petite figurine et il était tout bleu. Ne serait-ce pas un Schtroumpf par hasard ? C'était très étrange, mais cela m'amusait. Le problème, c'est que mon plaisir légèrement sadique à observer mon patron bougeait comme un asticot allait être de courtes durées. En effet, je le voyais grandir sous mes yeux à vu d'oeil! Au point qu'il me dépassait en taille. Je sentais le rouge me monter aux joues. Pourquoi ? Tout simplement parce que je me trouvais dans le plus simple appareil, entourés de pâtisseries colorées, n'ayant comme seul vêtement les coquelicots qui recouvraient certaines parties de mon corps. Mais mon patron n'avait pas l'air de rire. C'est à ce moment-là que j'ai pu entendre ce qu'il voulait me dire.

"Ambre ? Ce n'est pas l'heure de se la couler douce! Réveillez-vous ! Au boulot jeune fille ! Bon sang, mais vous faites quoi la nuit ?"

Sa voix était grave et particulièrement dérangeante. Il parlait fort et ne se gênait pas pour me remuer dans tous les sens. Sous mes pieds, la Terre commençait à trembler. Tout disparaissait dans un tourbillon multicolores... m'aspirant avec au passage. Je me réveillais soudainement, les yeux grands ouverts. J'avais dans mon champ de vision la caisse, ainsi qu'une partie de la perruque de mon patron. Je sentais qu'on me remuait comme un prunier. C'est à ce moment-là que je pris conscience que je m'étais endormie sur le comptoir et que mon patron m'avait surprise en flagrant délit de paresse! Sans oublier qu'il essayait depuis je ne sais combien de temps de me réveiller. Je fermais de nouveaux les yeux en espérant que ce n'était pas cela, que j'allais me réveiller dans mon lit ou autre part... mais non. Je me trouvais bien à mon poste de travail, dans la boutique de CD, ayant mon patron devant moi à la limite de l'énervement. Je me pinçais les lèvres en en signe d'embêtement, en espérant ne pas avoir trop de problèmes. Et puis, je n'allais pas passer mon temps la tête posée sur le comptoir, le regard fixé sur la caisse toute la journée ! Je me redressais donc vivement en affichant un immense sourire aux lèvres, radieuse comme si de rien n'était. Ce qui laissait mon patron perplexe. Il n'y avait pas à dire, j'avais l'art de paraître la plus déconcertante possible. Je me hâtais d'enlever le bras de la platine de disque à ma droite pour arrêter la musique. C'était donc de là que venait la musique de Ghost... la pochette du CD dépassait de sous le comptoir. C'était à se demander si la musique n'était pas un produit hallucinogène qui avait pour effet de me faire délirer.

"Vous allez bien patron ? Il fait un soleil radieux, vous ne trouvez pas ?" disais-je d'un air tout à fait naturel, avant de rajouter " Vous vouliez me dire quelque chose ?" demandais-je innocente.

Mon patron me scruta durant un long moment. Il devait sûrement se demander si je le prenais pour un abruti de seconde zone - ce qui pourrait paraître fort possible. Il déglutie avant de prendre la parole en me fixant d'un oeil à demi-ouvert, l'air suspicieux.

"Je vous ai à l'oeil..."

Le pire, c'est qu'il fallait qu'il rajoute le signe des deux doigts qui désignent nos deux regards simultanément. Vous savez? Comme dans les films de combats à la Rocky Balboa. Il se croyait vraiment dans l'une de ces séries policières. Je lui fis un mince sourire avant de partir dans les rayons de CD. Heureusement qu'il n'était pas si méchant qu'il le prétendait. Sinon, comme il le dit si souvent à chacun de ses employés, il nous aurait virés un bon coup de pied dans nos fesses! Ce qui n'arrivait jamais, évidemment.

Je commençais donc à reprendre où je m'étais arrêtée. Je trillais les CD's par ordre chronologique de noms d'artistes et par genre. En ce moment, je me trouvais dans le secteur Hard Rock/Métal. Quoi de plus charmant pour continuer la journée. On était en plein milieu d'après-midi vers 15 heures 30 un peu près et le nombre de clients était raisonnable. J'avais commencé ma journée à neuf heures du matin. Je m'étais levée tôt pour me préparer tranquillement. Il était impossible pour moi de sauter le petit-déjeuner. C'était le repas sacré de la journée! Mon père adorait me préparer de bons petits plats - que je n'avais pas forcément le temps de goûter ou de finir. La table était recouverte de denrées plus délicieuses les unes que les autres: des gaufres, des fruits frais et coupés en morceaux, des céréales, du pain, de la confiture, du beurre, des pancakes, du sirop à la fraise... Cela ressemblait plus à une offrande pour une déesse qu'à un petit-déjeuner. Mais je n'allais pas me plaindre, au moins, j'avais le choix. Et en ce qui concernait le reste, mon père les gardait au réfrigérateur et donnait le reste aux différentes associations. Cela lui arrivait aussi d'en donner à ses voisins. Mon père était vraiment une crème. Même si parfois je trouvais qu'il paraissait trop bon pour tout le monde. Avec tout ce qu'il mettait sur la table, on aurait pu faire toute la semaine en petit-déjeuner! C'était surtout mon ventre qui regrettait de ne pas pouvoir tout avaler. D'ailleurs, j'avais emmené dans mon sac deux gaufres croustillantes pour Sam. Enfin, mon père m'avait demandé de lui donner les gaufres si je le voyais et pour l'instant, il était resté hors de mon champ de vision aujourd'hui. Je ne l'avais pas vu. Ce qui fait que les gaufres seront pour moi. Rien que cette pensée égayait ma journée. Il en faut peu pour me rendre joyeuse... surtout si cela concerne les sucreries.

Après avoir pris ma douche, je m'étais habillé d'un jean noir slim ajusté avec un haut léger et fluide de couleur cerise. Sans oublier de mettre des chaussures à talons et de se coiffer rapidement d'un chignon mal fait! Le problème, c'est que j'avais était un peu trop longue à me préparer. De plus, j'avais constamment la tête ailleurs, me freinant ainsi dans ce que je voulais faire. J'oubliais à chaque fois où se trouver tels objets ou ce que je devais faire. Et la terrible vérité me frappa en plein visage: j'étais en retard!

Ce qui fait que je mettais rendue directement au travail, sans passer par quatre chemins pour arriver à ma destination. Oubliant au passage de me doper à la caféïne. Peut-être était-ce la cause de mon relâchement? Peut-être, mais c'est surtout le fait que j'avais passé la nuit à ne pas dormir justement! J'ai été prise d'une crise d'insomnie aigüe, ce qui faisait que je me roulais dans mes couvertures, que je changeais de positions toutes les trente secondes et que j'avais chaud à force de bouger comme un asticot! Rien que ça?! Pas étonnant que le Marchand de Sable ait oublié de passer. Durant mes heures réveillées, je laissais vagabonder mon imagination au gré de mes fantaisies. Et je pensais... à tout et à rien. Je pensais à mon père, à mon job, à Sam, à Tom... oui, Tom. Ce bel être bien mystérieux qui hante mes pensées depuis le jour où je l'ai rencontré. Je ne connais pas grand-chose sur lui, il m'intrigue. Et j'aimerais en apprendre davantage sur lui. A condition qu'il se décide de parler un peu plus. Mais comme je le dis toujours: "Avec patience et persévérance, on arrive à faire des miracles!" Et c'est ce que je comptais aboutir avec lui.

Maintenant, j'avais bien envie de prendre ma pause, mais vu ce qui s'est passé tout à l'heure, je ne risquais pas de faire une pause de si tôt. Mon patron aurait refusé sans aucun état d'âme. Je prenais donc mon mal en patience pou penser à autre chose. Je me trouvais maintenant dans le coin vinyles. J'adorais farfouiller à droite à gauche à la recherche de la perle rare. Les vieux vinyles de nos parents était un symbole de liberté avec la diffusion du rock, mais aussi une évolution dans la vie de tous les jours. Et parmi tous ces vieux vinyles, j'essayais de trouver un bon morceau de rock des années 70. Qu'importe l'artiste ou le groupe, du moment que le style me parle. C'est alors qu'un client d'une trentaine d'année me demandait si parmi les vieux vinyles ou CD de la boutique, il n'y avait pas du bon son à la Rolling Stones et à la Red Chili Pepers! Je me fis donc un plaisir de l'aider, naturellement. Tout deux à s'être attribués une rangée de CD, on commençait à s'appliquer en observant un par un les vinyles. Et à chaque pochette que je voyais, je poussais un léger son aigüe accompagnée d'un visage aux airs surpris, étonnée, ravis ou tout simplement étrange. En effet, la laideur d'une pochette me sautait automatiquement aux yeux. Il n'y avait rien de beau dans des oiseaux se faisant éventrer par des squelettes! Mais chaque personne avait sa vision de la beauté. Bref, il m'arrivait aussi de m'étonner de découvrir des groupes de chanteurs que je ne pensais pas trouver ici. C'était comme si je devenais la cliente à la place de la vendeuse. Je découvrais presque en même temps les nouveautés avec le client. Tout en continuant mes recherches, j'entendis le son de la clochette attachée à la porte, sonner. Je m'apprêtais à tourner la tête pour regarder la personne entrer quand enfin, je mis la main sur un vieux vinyle des Rolling Stones. Toute contente et satisfaite de mon travail je le tendis au monsieur tout en complimentant les goûts de ce dernier et les chansons mythiques de l'album! Hmm j'étais douée pour le commerce, c'était certain. Mais l'homme avait l'air d'hésiter quelque peu, se demandant s'il faisait le bon choix. C'est alors que je lui sortie mon arme secrète: mon sourire. Oui, dis de cette façon, cela paraît très femme fatale ou aguicheuse qui veut obtenir tout ce qu'elle désire par un simple sourire ou battement de cils. Pas du tout! Je le faisais pour certes, vendre la marchandise, mais surtout parce que c'est naturel chez moi. Je souris pour faire plaisir, aider, réconforter, amuser, convaincre... je n'avais qu'à rester naturelle et faire preuve d'audace pour que cela marche.

"Vous faites une bonne affaire monsieur... il est de plus en plus rare de trouver ce modèle. Saviez-vous que c'était la toute première pochette de cet album? Après, il y a eu d'autres rééditions. Celle-ci est d'origine... Sans compter les deux, trois slows qui s'y trouvent, une merveille! Honnêtement, si mon petit-ami me faisait écouter cette musique au coin du feu, je n'hésiterais pas à céder à ses caprices..." dis-je aussi naturellement que possible, en restant charmante tout en tournant une mèche de cheveux.

L'homme ne mit donc pas longtemps à prendre sa décision. J'avais réussi mon coup, assez fière de moi. Avec un peu d'audace, d'intelligence, de pratique et avec un zeste de charme, on arrivait à vendre un magnifique album de rock! Il me suffisait seulement de connaître les goûts du client pour le convaincre. Et puis le coup de la balade romantique avec sa demoiselle marchait tout aussi bien... pour ne pas dire beaucoup plus, car j'avais vraiment l'impression que c'était mon dernier argument qui l'avait séduit. Haaa les hommes!

De nouveau derrière le comptoir, tapotant sur la machine enregistreuse, je faisais payer mon client. C'est alors qu'une voix familière et féminine me parvient jusqu'aux oreilles un peu plus loin dans la boutique...


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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Dim 2 Oct - 13:20

J’étais allongée sur mon lit, les yeux mi-clos. Mon matelas était moins confortable que jamais et l’humidité de la grotte ne changeait rien à mon malaise. C’est alors que la sonnerie de mon réveil se mit à retentir. Doucement, je tâtonnais les draps durs de mon matelas avant de tâtonner le sol à la recherche de ce bruit plus qu’énervant. Quand je m’en saisis enfin, je le jetais à travers la pièce sans aucun état d’âme. Il frôla mon écran plat avant de s’exploser sur le mur. Je n’y fis pas plus attention que ça.
Je tendais mon bras vers mon bureau pour me saisir de mon portable. Bien sûr, il ne captait aucun réseau dans cette stupide grotte, mais il me permettrait au moins d’afficher l’heure. Parce que, ce n’était pas que j’étais pessimiste ou quoi que ce soit, mais je ne pensais vraiment pas que mon réveil puisse encore afficher la moindre information après ce qu’il venait de lui arriver. Vous aussi ? C’est bien, comme ça, on est d’accord sur au moins un point.

Le problème était que mon portable affichait quinze heures trente-deux. J’étais en retard forcément. Je me redressais d’un bond pour prendre mes vêtements et me dirigeais vers la salle de douche d’un pas pressé. Bien évidemment, je protestais contre mon réveil durant tout mon trajet. Ce n’était pas grave, plus personne devait dormir à cette heure là, il devait tous être partis faire la manche dans la rue. Et s’il en restait quelques uns… Tant pis pour eux ! Je ne me gênerais pas pour continuer à crier comme ci j’étais toute seule dans cette grotte. Et tant pis si ma voix se répercutait en échos contre les parois rocheuses. Je n’en avais rien à faire !

Je rentrais dans la partie la plus sombre de la grotte au pas de course. Je connaissais chaque recoin de cette pièce par cœur. Je n’allais pas ralentir sous prétexte qu’il faisait noir. Noir ? Un frisson parcourut mon dos tout entier. J’avais peur du noir plus que tout. Qui pouvait bien savoir si quelqu’un ne se cachait pas dans un recoin, près à me bondir dessus ? Non, il ne fallait pas que je pense ça. J’haussais rapidement les épaules avant de m’approcher à tâtons d’une cavité plus marqué et où se trouvait ladite douche. Je me déshabillais rapidement avant de commencer à faire couler de l’eau glacée sur ma tête en tirant modérément sur ce qui devait être un bout de ficelle. Tout du moins, j’espérais que c’était un bout de ficelle.

« Punaise. Et il y en a qui trouve que c’est de l’eau chaude ? On a pas la même mesure de température, dis donc ! »

Vous l’auriez deviné, j’étais encore énervée de m’être réveiller en retard. Et ça allait d’ailleurs durer un petit moment. Comme à chaque fois que j’étais énervée me diriez-vous. Mais bon, j’en ai rien à faire de ce que vous pouvez me dire, okay ?

Je me penchais glisser ma main dans un trou dans lequel j’avais caché une bouteille de shampooing. Ce n’était pas parce que cela plaisait à tous ces mecs de se laver sans savon que j’étais obligée de danser sur la même musique. Bon d’accord, vu que c’était des Sans Domiciles Fixes – ou enfin, c’est ce qu’ils tentaient de faire croire puisqu’ils habitaient dans cette grotte ultra sophistiquée ; pour une grotte – ils n’avaient pas vraiment les moyens de se payer des bouteilles de savon. Mais bon, cet argent, je le gagnais en travaillant durement. Ils n’avaient qu’à arrêter de glander sur les trottoirs et à essayer de se trouver un travail. Okay, c’est cruel, mais c’est comme ça. C’tout.

J’étais en train de me verser du shampooing sur la tête lorsqu’un faisceau de lumière se mit à se balader sur ma peau nue. Sans réfléchir plus que ça, je me jetais à plat ventre sur le sol rugueux de la caverne et me saisissais de mes vêtements du plus vite que je le pouvais pour m’en recouvrir. Bien sûr, je n’avais pas pensé que je pouvais tout simplement traverser la paroi de la caverne pour être hors de vue des personnes qui arrivaient…
C’est alors que je vis deux têtes masculines dépassaient derrière la paroi rocheuse. Je ne connaissais que l’un des deux, l’autre devait être nouveau dans le coin. En tout cas, celui que je connaissais me regarder avec un grand sourire, un peu comme-ci il était sur le point de m’annoncer une bonne nouvelle.

« Mais punaise ! On peut même plus faire sa douche tranquille ! Non mais vous vous foutez de moi, à rester planter là à me regarder ?! Je vais vous… »
« Tais-toi. » me coupa le gars que je connaissais.

J’en restais muette. Il n’avait jamais eut le cran de m’ordonner quoi que ce soit, et puis là, d’un seul coup, il prennait des grands airs. N’importe quoi. Il voulait faire le malin devant le nouveau, pour montre que c’était lui le chef ? N’importe quoi, il ne tenait pas la route. Rien que par son nom, il ne pouvait pas être chef. Bah oui, comment vous pouvez donner des ordres à des gens quand vous avez un prénom débile du genre de Nick ? Je secouais la tête. N’importe quoi j’vous dis !

« Je fais visiter la grotte à Max, notre nouvel arrivant. Si tu t’étais levée à l’heure et lorsque l’on te l’avait demandé, tu saurais qui c’est et on ne t’aurait pas trouvé sous les douches lorsqu’on était en train de passer. D’ailleurs, si tu étais venue dans la salle commune, tu saurais que Max va vivre dans ta chambre. »

Je vis rouge. Ce gars ? Vivre dans ma chambre ? Avec moi ? Il en était totalement hors de question, je ne le connaissais même pas. Je n’allais d’ailleurs pas me laisser faire, j’avais mon mot à dire dans l’affaire, c’était tout de même de ma chambre et de ma vie privée dont il était question. Et s’il ne restait aucune chambre de libre… Eh bien, il n’avait qu’à aller vivre avec n’importe quelle autre personne de cette grotte ou alors même aller vivre ailleurs. Je n’en avais absolument rien à faire, ses problèmes n’étaient pas les miens.

« Je refuse de dormir avec un inconnu ! Je ne sais même pas… »
« Il n’est pas question que tu dormes avec lui, il est plutôt question de quand est-ce que tu vas faire tes bagages. » me coupa-t-il une seconde fois. « En clair, tu finis ta douche, tu pars remballer tes affaires et tu t’en vas. »

Après quoi, ils firent volte-face et s’en allèrent, me laissant de nouveau dans l’obscurité. Décidément, ce n’était pas ma journée. Je me réveillais en retard et en plus j’étais mise à la rue, en proie aux flics en quelque sorte. Ce n’était pas comme-ci un logement à mon nom leur permettrait de me retrouver plus facilement, non non. Je poussais un profond soupir tout en me renfrognant tandis que je me dépêchais de finir ma douche. Cet endroit me répugnait. Les gens qui y vivaient me répugner. Tout compte fait, peut-être était-ce une bonne chose que d’être poussée à partir ? Tu parles ouais.

Ma douche terminée, j’enfilais rapidement mes vêtements avant de passer par ma chambre, où Max était déjà installer, pour récupérer mes affaires. Comme mon ordinateur, mon écran plat et mes patins à roulette par exemple. Il était par contre hors de question que je récupère mon matelas après qu’il se soit allongé dessus, cela me répugnait beaucoup trop. En passant par la sale commune, je débranchais tous les câbles de la télé. C’était moi qui leur avais installé. Ils me jetaient ? Okay, je repartais avec mon travail. Normal.
Je récupérais les centaines de rallonges colorées que j’avais fait passer à travers la caverne avant de faire entrer tout ce que j’avais récupérer dans le 4x4 avec lequel je m’empressai de m’en aller. Ainsi, tout était comme-ci je n’étais jamais passée par là.

Par contre, tous mes projets pour la journée étaient tombés à l’eau. Il fallait en priorité que je me trouve un nouveau logement. Je me dirigeais donc vers le centre ville, direction l’agence immobilière. Heureusement, le fait que j’ai gagné de l’argent grâce à mon travail d’architecte sans ne jamais dépenser de grosses sommes m’aiderait à acheter un petit studio modeste.

Je m’arrêtais sur l’un des parkings du centre ville avant de me diriger vers l’agence immobilière la plus proche. Les rues n’étaient pas aussi bondées que d’habitude, bizarre. Je fronçais les sourcils mais je continuais quand même mon chemin, l’air de rien. Pour une fois que je n’avais encore rien fait d’illégal dans la semaine, je n’allais pas tout gâcher parce que je voulais me mêler de ce qui ne me regardait pas. Je continuais donc vers la boutique jusqu’à en pousser la porte. A l’intérieur, il n’y avait personne. A part une jeune femme derrière un comptoir qui me regardait d’un air malsain. C’était forcément l’employée de l’agence, alors je m’approchais d’elle.

Après un débat d’une bonne demi-heure sur le prix d’un appartement dans le centre ville, j’étais plus énervée que jamais. C’était vraiment à croire que cette bonne femme ne voulait pas que je lui achète le moindre bien immobilier. Elle n’arrêtait pas de m’envoyer bouler pour que j’aille voir ailleurs. Mais rien à faire, cet appartement était l’opportunité idéale. Bien placé et assez grand, il me permettrait de m’installer plus confortablement que dans cette idiote de caverne – remarquez comment je traite les choses qui ne sont même pas pourvues de capacité de pensées.

Je me mis donc à regarder le plafond lorsque mon regard se posa sur des caméras de surveillance à détecteur de mouvement. J’agitais ma main dans tous les sens pour voir si la caméra me captait, mais elle ne bougea pas d’un pouce. Fake. La vendeuse me regardait avec des yeux ronds. Je lui montrais donc la caméra d’un signe de la main.

« Vous avez oublié de brancher votre caméra de sécurité ? Elle ne m’a pas l’air de fonctionner. Ah moins que vous n’ayez placé là qu’un modèle d’expo complètement destiné à être dissuasif et non pas quelque chose qui vous permettrez de retrouver les criminels ? »

Ses joues devenues roses en disant long sur cette prétendue caméra. Ainsi, sans réfléchir, je me jetais sur elle et lui attrapais la tête, tout en sortant un couteau de ma poche. Elle n’aurait pas dû chercher à m’énerver alors que j’étais déjà à cran. Tant pis pour elle.

Lorsque je sortais enfin de l’agence immobilière, je pouvais rajouter un meurtre à ma série de… meurtre, évidemment. Et en plus de ça, j’avais pût acheter un appartement, en centre ville, à moitié prix ! Quoi de plus génial ? Enfin bon, j’étais tout de même encore énervée et on pourrait m’accuser du meurtre de cette bonne femme puisque j’étais sa dernière cliente… Mais en même temps comme je l’avais mis dans une douche – en laissant couleur l’eau bien sûr – à l’arrière de la boutique. Ce qui faisait que l’on ne saurait pas dire quand le meurtre s’était passé, et qu’avec l’aide d’un bon avocat, je pourrais être innocentée.

Je me rendais rapidement à mon nouvel appartement pour y déposer mes affaires avant d’aller faire un petit tour au centre ville, qui n’était, à présent, qu’à quelques pas de chez moi. Il fallait que j’aille dans un lieu où je pourrais me détendre. Un certain magasin de musique par exemple…

Je passais la porte du magasin et me dirigeais dans mon rayon préféré du magasin. Le rayon des musiques de film – ou soundtracks, comme vous le préférez. Je commençais à regarder les CDs un par un avant qu’un gros balourd ne me fonce dessus. Ma colère n’était pas encore tout à fait apaisée, et je ne perdis pas une seule minute pour me déchainer.

« Non mais t’savais pas faire gaffe, ‘spèce d’abruti ? Tu m’as écrasé le pied avec tes péniches là ! Et je déteste quand une espèce de gros porc m’écrase les pieds ! T’as bien compris ça ?! »

Je ne l’avais pas hurlé, mais rien que le ton que j’employais suffis à faire tourner la tête de quelques personnes par ci par là. Je me forçais à respirer plus doucement, afin de me calmer. Il ne fallait pas que je fasse de meurtre en public, ce serait une trop grande erreur.


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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Lun 10 Oct - 12:47

« Non mais t’savais pas faire gaffe, ‘spèce d’abruti ? Tu m’as écrasé le pied avec tes péniches là ! Et je déteste quand une espèce de gros porc m’écrase les pieds ! T’as bien compris ça ?! »


Quel chant mélodieux que j'entendais si soudainement à mes oreilles! C'était assez cru comme langage. Je n'avais pas besoin de tourner la tête pour savoir qui était cette charmante personne à la voix féminine et familière. Ce n'était autre que Ambre Lewis. Oui, pas moi, une autre Ambre que j'ai rencontré au même endroit qu'aujourd'hui. C'est une longue histoire compliquée que je vais prendre le temps de vous raconter. Notre première rencontre s'est passée à la boutique de CDs. Ces deniers temps, une série de meurtres faisait rage à San Francisco et les habitants ne se sentaient plus en sécurité nulle part. Et allez savoir pourquoi, j'ai été suspectée d'avoir commis tous ces meurtres! Qui? Moi?! Oui, hélas, ce n'est que la pure vérité. Je faisais partie des potentiels suspects simplement parce que je m'appelais Ambre et que la charmante jeune femme au fond de la boutique se nommait elle aussi Ambre. Cette dernière donnait à chaque fois son prénom comme signature. Ce qui est assez rare aux Etats-Unis vu que "Amber" est plus largement apprécié et utilisé. Ce qui fait que la seule Ambre connu du coin était moi. A cette époque, je ne comprenais pas tellement l'intérêt de me suspecter. La plupart des gens trouvaient cela ridicule, j'étais la fille d'un pasteur, j'étais gentille, généreuse, bien élevée... bref, les gens les plus proches n'arrêtaient pas de me tarir d'éloges! Il était impossible pour eux que ce soit moi. Mais le reste des gens pensaient à force le contraire. Une jeune fille telle que moi serait l'idéale pour renfermée une psychopathe assoiffée de sang! Tout le monde n'y verrait que du feu! Pour certains, j'étais une meurtrière en série qui cachait bien son jeu sous ses airs angéliques, j'étais l'exemple idéale et terrifiante du côté obscur de l'âme. Rien que ça?! Les gens pouvaient vraiment être cons, même très. Au début, cela me faisait rire qu'on me prenne pour une autre car, oui, je n'ai jamais été mise en examen ou en prison donc je prenais ce problème à la légère. Mais au fil du temps, cette situation avait commencé à me peser. Les insultes incessantes des autres, les critiques, les jugements... le fait d'affirmer sans cesse que j'étais la meurtrière me rendait triste. Le pire, c'est que j'étais lassée, blessée et j'espérais au fond de moi que tout se termine. Qu'on retrouve la vraie meurtrière et qu'on arrête de me harceler pour rien. Je n'étais pas la Ambre des journeaux! Jusqu'au jour où vient ma délivrance psychologique, en quelque sorte. La fameuse Ambre en question était rentrée par je ne sais quel miracle dans la boutique où je travaillais. Elle se prénommait Ambre. Cela m'avait alerté automatiquement me poussant à aller la voir. Je n'eu pas de mal à deviner que c'était elle. Elle avait deviné aussi qui j'étais. Comment cela est-il possible? Si, cela est possible, il a juste fallu qu'elle regarde le nom inscrit sur le badge que j'avais accroché à ma ceinture. C'était d'une logique implacable! C'est alors que Ambre version brune me pris à part pour tout m'expliquer. Je l'avais écouté, restant attentive à ce qu'elle me disait, à ce qu'elle faisait. J'avais été refroidis au premier abord. Je me rendais compte que j'étais en train de discuter avec une meurtrière. Et malgré que je ne tolérais pas tout ce qu'elle avait fait, je l'avais écouté car, je pensais toujours que chaque personne avait du bien en elle. Je ne parlais pas des violeurs, pédophiles ou autres espèces encore plus répugnantes. Je n'étais pas non plus Dieu qui pardonnait à tout le monde. Ce qui explique le fait que j'ai protégé Ambre est assez simple dans le fond. C'est que je l'apprécie. Oui, c'est très étrange, on ne se ressemble pas, j'aide les gens alors qu'elle, elle les tue! Quelle ironie! Bref, elle m'avait aussi promis de tout arranger et que la prochaine fois qu'elle viendrait me parler, ce sera déjà fait. Chose promise, chose dûs. C'est à partir de là que tout commença. Après avoir été mise hors de cause et libérée de l'emprise psychologique des gens, Ambre et moi avons développés une drôle de relation. Elle est plutôt sympathique dans son genre. Et même si ma conscience s'en prenait un coup du fait de la protéger de la police, je ne faisais rien. Je n'avais pas vraiment envie. C'est très étrange, vraiment. D'habitude, j'aurais fait en sorte de la dénoncer, de dénoncer n'importe qui d'ailleurs, mais rien. Je n'avais rien fais. A la place, j'essayais de la rendre meilleure, je lui demandais d'éviter de liquider les pauvres gens innocents - avec gentillesse et subtilité - en espérant que cela portait ces fruits.

Je tournais donc la tête en direction de Ambre qui venait de jurer comme un camionneur. Je n'ai pu esquisser un léger sourire amusé. Elle ne pouvait s'empêcher de s'attirer des problèmes, car l'homme imposant, plus par son poids que par sa prestance, s'en était pris un coup derrière l'oreille, un sacré coup d'ailleurs vu qu'il commençait à devenir tout rouge. Poings serrés, lèvres pincées, tremblement dans tous les membres... il n'y avait plus de doute, l'homme était fou de rage, au point que je commençais à m'inquiéter. Il était hors de question qu'il touche à Ambre - même si je savais très bien qu'elle pouvait se débrouiller toute seule, mais peu importe, on ne touche pas à ceux que j'apprécie... même aux inconnus d'ailleurs. Pas de violence, tout simplement!
Je quittais le comptoir pour aller retrouver Ambre et l'inconnu. J'avais l'impression que la distance était énorme à parcourir tellement les secondes étaient comptées. Qu'allait-il se passer si le gros mammouth agressait Ambre? Déjà, le magasin ressemblerait plus à un taudis qu'à une boutique de CDs et le pire dans tout cela, c'est que je me demandais qui allait prendre véritablement le dessus. Car malgré les apparences, Ambre version brune n'était pas la fille innocente et sans défense. Elle était aussi dangereuse qu'un bulldog! Enfin, pour les autres. En ce qui me concerne, elle ne m'a jamais rien fait. Je me dépêchais un peu pour stopper le début d'une attaque atomique. Je ne voulais pas de blessés, pas de violence, ni de mort. Ce qui est assez logique pour n'importe qui. Je parle de mort parce que Ambre était tout à fait capable de tuer, c'est pour cela que je m'inquiétais d'autant plus. J'arrivais jusqu'à leur hauteur comme si de rien n'était.

"Tout va bien ici? Voulez-vous quelque chose monsieur?" demandais-je du plus aimable possible.

Je ne voulais pas être l'élément perturbateur qui allait déclencher la bagarre. Mais bon, vu la tête des deux protagonistes, c'était limite peine perdue. Ils étaient déjà très en colère. Je jetais quelques petits coups d'oeil vers Ambre. Je voulais lui faire comprendre de se calmer, d'essayer de faire abstraction du gros poids lourd.

"Cette petite peste m'a insulté! Mais c'est quoi ces jeunes d'aujourd'hui? Elle mériterait que je lui en colle une!" disait-il énervé et offusqué.

Je levais les yeux au ciel avant de les déposer sur Ambre. Je secouais légèrement la tête, dépité par ce que venait de faire cette dernière. Je lui lançais un regard insistant qui voulait tout dire: "Quand cesseras-tu de provoquer des conflits?" Réponse imaginaire de Ambre: "Jamais!" Et ça, je n'en doutais pas.

Je pris alors le risque de me mettre au centre, servant de bouclier à chacun. Il n'allait quand même pas me frapper, hein?! Je ne lui avais rien fait. De plus, frapper sur une femme n'était pas glorieux. Et si cela arrivait, je crois que je lui arracherais les yeux! Bref, nous n'en étions pas là. C'est alors qu'une idée saugrenue m'est parvenue à l'esprit. J'avais une idée, certes, pas forcément la meilleure, mais cela pouvait faire l'affaire. Je pris donc l'air le plus naturellement possible pour essayer de convaincre l'homme, mais surtout d'éviter de déclencher une bagarre.

"Ooh mais, ne vous en faites pas monsieur! Je la connais, c'est ma cousine. Elle fait du théâtre et elle doit interpréter un rôle dans quelques jours. Elle s'entraîne sur tout et n'importe quoi. Son personnage est assez colérique comme vous avez pu le constater. Pardonnez-là, cela n'était pas contre vous, elle s'entraîner à bien interpréter." disais-je avec le sourire aux lèvres, en m'exprimant d'une voix claire et joyeuse avant de rajouter "D'ailleurs, je crois qu'elle est enfin prêtes! Vous y avez cru, n'est-ce pas?"

Je lui parlais d'un air amusé. Je faisais en sorte de le convaincre le plus possible en jouant avec différentes expressions du visage, en posant ma voix et en affirmant subtilement que je disais la vérité. Je pris alors Ambre par l'épaule pour la serrer contre moi comme on sert un pote pour le charrier. J'affichais un sourire quelque peu exagéré, presque coincé.

"Qu'est-ce que j'aime ma cousine, elle est douée! Hein Ambre?" demandais-je à cette dernière d'un air innocent.

L'homme en face de nous grimaçait. Il avait les bras croisés sur son torse à nous fixer l'une après l'autre. J'espérai en mon fond intérieur qu'il m'ai cru. Pitié! Je ne veux pas me retrouver à l'hôpital! Bon, ce n'est pas en criant intérieurement mon désarroi que cela va marcher. L'homme émit un grognement avant de tourner légèrement les talons. Il commençait à partir lentement. Je priais intérieurement que Ambre ne fasse pas de boulette...


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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Sam 15 Oct - 15:54

J’étais devenue entièrement rouge à cause de mon énervement. Et pourtant, je n’avais même pas encore commencé à hurler ou je ne sais quoi d’autre. J’avais juste parlé posément, mais d’un ton autoritaire dans lequel on sentait mon énervement vis-à-vis de cette journée qui avait très mal commencée. Je me mordais les lèvres, soucieuse de m’éviter de crier sur cet inconnu qui me pompait l’air. Je ne savais pas pourquoi tous les clients me regardaient aussi bizarrement, un peu comme-ci ils avaient peur que je les étripe. Ambre aurait-elle lâchée sur moi un commentaire dont elle n’aurait pas dut faire part ? Je secouais la tête pour moi-même. L’autre Ambre n’aurait jamais osé faire ça. Elle était fille de pasteur et se conduisait comme telle. Irréprochable et de bonne fois, je savais que je pouvais compter sur elle. Mais dans ce cas, pourquoi ces imbéciles me regardaient avec ce drôle d’air apeuré ? Auraient-ils reconnu dès le premier coup d’œil ma nature dite surnaturelle à cause de ces livres débiles ? Impossible. Personne ne pouvait réellement prendre au sérieux un livre dit fantastique, non ? Ou alors, il fallait être franchement débile.

Enfin bref, plus personne ne bougeait dans la pièce. Tout le monde nous regardait, le gros bonhomme et moi, d’un air assez mystérieux. Le gros porc commençait à prendre un teint violacé, à croire qu’il commençait à être énervé. Quelle ironie lorsque l’on sait que c’était lui qui m’avait marché sur les pieds. Moi, je regardais le gros balourd, d’un regard qui ne laissait aucun doute quand on fait que j’avais envie de lui arracher la tête. Mettez sur cette scène un silence de mort bien pesant, et vous aurez peut-être une idée approximative de la situation et de à quel point les gens étaient tendus.

J’avais l’impression qu’un compte à rebours avait commencé, et que le moindre mouvement de la part de n’importe qui dans cette pièce nous ferait explosive. Heureusement, c’était fort peu probable et je m’en réjouissais quelque peu. Rester enfermée pour l’éternité dans une pièce, entourée de gros imbéciles ; n’était pas vraiment le genre de gros trippe que j’avais envie de me faire. Fort heureusement, des bruits de talons claquant sur le parquet du magasin brisèrent ce silence de plomb. Je reconnaissais le bruit de cette démarche légère et j’étais bien contente que ce soit elle qui arriver en ce moment même. Car, je savais très bien que si ce n’était pas dans son magasin de CDs à elle que tout c’était passé, j’aurais déjà pété un steak bien plus gros. Et il ne valait mieux pas que cela arrive lorsque j’étais en public. Ou alors, il fallait que je me débrouille pour tuer tout le monde si j’en tuais un seul ou encore à ne pas finir en garde-vue après avoir provoquée une bagarre générale. Enfin bref, il aurait fallut éviter que je me fasse prendre alors que j’étais brune et que je m’appelais Ambre.

Justement, en parlant du prénom Ambre. Miss Callaghan était enfin arrivée au milieu de notre petit rassemblement, de sa démarche gracieuse. Son regard ne m’effleura que quelques secondes avant de s’arrêter sur le visage du gros porc. Là, elle prit un sourire de gamine joyeuse et commença à lui parler d’une voix fluette. Ou comment essayer de détendre l’atmosphère sans passer pour une idiote. Le pire, c’est que je devais admettre que pour le coup, je l’admirais carrément. Car laisser son regard posé sur le visage d’un glandu disgracieux sans laisser paraître aucun signe de rebutage devait être dû à un effort surhumain et presque exceptionnel. C’était sûrement dû à des années de pratiques intensives, mais quand même.

« Tout va bien ici ? Voulez-vous quelque chose monsieur ? »

Très aimable dans sa façon de parler, elle faisait une parfaite vendeuse. Pourtant, derrière toutes ses manières pour détendre l’atmosphère, je savais qu’il y avait une vraie tempête. Elle devait sûrement avoir peur pour son job. Tout le monde peux imaginer à quel point c’est mauvais pour la carrière d’un vendeur que d’être témoin d’une bagarre sur son lieu de travail, et ce, surtout quand cela fait des dégâts. Et malgré le fait que j’évitais de regarder Ambre pour éviter de me prendre des reproches silencieuses – celles que je détestais le plus -, je la vis plusieurs fois tourner la tête vers moi pour m’adresser un regard appuyer.

« Cette petite peste m'a insulté ! Mais c'est quoi ces jeunes d'aujourd'hui ? Elle mériterait que je lui en colle une ! »

Je serrais les poings suite à cette attaque indirecte. Seul le regard d’Ambre me permit de ne pas fondre sur ce vieux blaireau pour le rouer de coups. D’ailleurs, celle-ci posa son regard sur moi et je ne trouvais pas la force de l’éviter. Mon regard se posa dans le siens. Elle secoua légèrement la tête de droite à gauche puis de gauche à droite en me regardant avec une moue qui voulait dire quelque chose du genre de : « Mais quand cesseras-tu enfin de provoquer des conflits ? ». Je fronçais les sourcils de manière à avoir un air de défi sur le visage et Ambre détourna son regard de moi pour pouvoir se mettre entre le gros balourd et moi. Je me mordais l’intérieur de la joue. J’étais encore une fois en train de lui créer des problèmes, elle devait commencer à me prendre pour une grosse gamine.

Je tournais la tête, prête à faire demi-tour pour sortir du magasin en trainant les pieds lorsque la voix d’Ambre se mit à résonner dans la pièce. Je me retournais d’un seul coup vers elle, choquée par ce qu’elle était en train d’essayer de faire.

« Ooh mais, ne vous en faites pas monsieur! Je la connais, c'est ma cousine. Elle fait du théâtre et elle doit interpréter un rôle dans quelques jours. Elle s'entraîne sur tout et n'importe quoi. Son personnage est assez colérique comme vous avez pu le constater. Pardonnez-là, cela n'était pas contre vous, elle s'entraîner à bien interpréter. »

Un petit sourire joyeux et ravissant été apparut sur son visage tandis qu’elle disait ça au gros bouledogue – encore une fois, je ne pouvais que l’admirer. Je desserrais peu à peu les poings, si j’étais censée jouer un rôle, il ne me servait à rien de continuer à être aussi crisper. Il fallait absolument que je le fasse pour Ambre. Pour le peu de temps que je la connaissais – et même avant de la connaître -, je lui avais causé trop de problème pour la mettre encore une fois dans un sacré pétrin. Je lui devais bien ça, même si cela me coutait un effort impossible que de ne pas me battre avec cet imbécile qui m’avait agressé alors que je lui avais juste demandé très poliment – par rapport à ce que je pouvais dire en général – d’éviter de me marcher sur les pieds. Ambre reprit son discours.

« D'ailleurs, je crois qu'elle est enfin prête ! Vous y avez cru, n'est-ce pas ? »

Elle parlait d’un air amuser, changeant sans arrêt d’expression de visage pour que ce qu’elle racontait puisse paraître possible. Elle avait de réels talents d’actrices, et le pire, c’est que je ne pense pas qu’elle s’en rendait compte. Quel dommage de la savoir vendeuse dans une boutique de CDs lorsqu’on la voit faire part dans si grand talent ! Vraiment, c’était une véritable torture. Elle aurait très bien pût faire la Juliette de Shakespeare, j’aurais été voir la pièce sans aucun problème. Honnêtement, alors que je la voyais se donner tant de mal pour me sortir – et se sortir par la même occasion – du pétrin dans lequel je nous avais fourrées, je ne pouvais que ressentir une grande douleur dans le ventre à l’idée que tout cela était de ma faute. Elle bougeait partout pour prendre un air naturel qui pourrait convaincre son publique. Elle alla même jusqu’à venir vers moi et à me prendre par l’épaule pour donner plus de réalisme à ce qu’elle était en train de dire. Attendez. Me prendre moi par l’épaule ? Je restais quelques secondes pétrifiées avant de comprendre ce qui était en train de se passer. Moi aussi j’étais entrée dans le jeu. Il allait falloir que je fasse aussi bien qu’elle – voir mieux – pour l’aider à nous sortir de là. J’essayais donc de prendre un sourire amusé pour prouver qu’elle avait raison. Peu convaincant.

« Oui oui, je suis comédienne. », dis-je avec un haussement de sourcils, peu convaincue moi-même par ce que je disais.
« Qu'est-ce que j'aime ma cousine, elle est douée ! Hein Ambre ? »

Je tournais la tête vers elle et hochait lentement la tête avant de prendre une moue de gamine de cinq ans. Je tournais de nouveau la tête vers le porc. Il nous regardait avec un genre de grimace sur le visage. Il était peu convaincu par ce que nous disions. Je pris un petit sourire innocent et enfantin, dire de lui forcer un peu la main. Je ne savais pas si c’était grâce à moi ou autre chose, mais il finit par tourner les talons et à s’éloigner. Au même moment, tous les autres clients du magasin qui s’étaient rassemblés autour de nous se dispersèrent dans la boutique, nous laissant seules, Ambre et moi.

La blonde était crispée. Peut-être redoutait-elle que je sois encore prise de l’une des sotte d’humeur qui faisaient mon quotidien, et que je retourne vers le gros balourd pour lui prouver que c’était lui qui avait tord. Je me défis lentement de l’emprise d’Ambre sur mon épaule, pour ensuite me retourner vers elle, une moue triste sur le visage. Je m’en voulais terriblement.

« Dé… Dé… Désolée. J’ai encore failli t’attirer des ennuis. » avais-je dit, peu sûre de moi.

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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Mar 25 Oct - 23:19

Je retenais toujours ma respiration en affichant un sourire aimable, quelque peu crispé. J'avais l'impression que j'allais devenir toute bleue à force de retenir mon souffle. J'avais cette crainte qu'il se retourne et nous fasse une prise de catch! C'est ce qui arrivait quand on regardait trop de navets à la télévision, mais surtout que son père était un adepte des catchs. Il aimait voir se battre les catcheurs. Cela m'arrivait parfois de m'asseoir à ses côtés pour observer dans le petit écran ce qui pouvait autant le passionner dans ce sport. Après avoir la plupart du temps fermés les yeux pour éviter d'assister à un écrasement facial d'une extrême violence, j'avais fait la triste constatation que ce sport ne servait strictement à rien! A part se faire défigurer et perdre de nombreux neurones au passage. Bref, c'était la petite parenthèse du jour.

Au moment où je passais mon bras autour de son épaule, je ressentis une légère réticence. Son corps s'était raidi de toute part. Sur le coup, je m'excusais intérieurement de lui faire subir cela, mais il fallait bien que cette dernière donne un peu de sa personne pour que notre scène soit réelle aux yeux des autres. J'avais eu cette idée saugrenue de la prendre par l'épaule, comme on voyait souvent dans les films. Il faudrait peut-être que j'arrête de calquer mes faits et gestes par rapport aux films?! C'était presque automatique chez moi. Quand je devais jouer la comédie comme à ce moment-même ou pour autres choses, je prenais tous les airs qui étaient nécessaire pour réussir à convaincre. Et apparemment, cela marchait plutôt bien. J'écoutais ce que disait Ambre. La pauvre! Je sentais qu'elle faisait un effort surhumain - et c'est le cas de le dire - pour essayer de rentrer dans mon jeu et de convaincre l'impotent. Demander à Ambre Lewis d'être aimable serait comme demander à un chrétien d'arrêter de prier. Tout simplement impossible! Surtout dans ce genre de situations. C'était à double tranchant.

Je sentais le regard de Ambre posé sur moi. En la regardant à mon tour, je fus légèrement surprise de voir l'expression de la jeune fille. Elle faisait une petite moue de gamine, ce que je trouvais mignon et adorable venant de sa part. Elle s'amadouait, se contrôlait, se transformait pour faire apparaître une autre personne à sa place. Et elle le faisait pour moi. D'un côté, c'était quand même mérité! Elle avait été à deux doigts de provoquer une bagarre, sans oublier les autres clients qui nous regardaient comme s'ils n'avaient rien d'autres à faire. Certes, elle ne le faisait jamais exprès de provoquer un ouragan à chaque endroit où elle passait, mais elle pouvait au moins éviter de m'entraîner dans ce tourbillon d'embrouilles et de galères! Parce que là oui! C'était une véritable galère que je ne vivais presque quasiment qu'avec elle. Cependant, je devais admettre que cela me changeait de mon petit train-train quotidien. J'aimais l'aventure et l'action, voire même le danger. Avec Ambre, j'étais servi! Sans oublier non plus cette jeune femme blonde du nom d'Illianah. Elle aimait aussi bien l'action.
Mais d'un autre côté, je ne pouvais m'empêcher de ressentir un pincement au coeur. Elle jouait le jeu. J'avais encore un peu de mal à accepter l'aide des gens. Et je voyais bien dans le regard de ma compatriote qu'elle donnait tout ce qu'elle avait pour me faire sortir de là, ainsi qu'elle au passage. Je préférais avoir le beau rôle, comme je le dis souvent. Je préfère aider les gens, leur porter secours que d'être secourue. Je n'aimais pas cette position parce que j'avais toujours ce sentiment d'embêter la personne qui venait à mon aide. Je ne sais pas trop comment expliquer cela. Je ressentais une gêne et acceptais cette générosité par politesse.
Sans m'en rendre compte, j'avais affiché sur mon visage un sourire tendre à Ambre. J'appréciais beaucoup son geste. Le gros mammouth avait enfin tourné les talons, nous laissant tranquille Ambre et moi. Je jetais quelques regards insistants envers les clients pour qu'ils dégagent le passage et nous laissent un peu d'espace. On n'était pas au cirque, ni au zoo! Lentement, mais sûrement, les gens reprenaient leurs activités, ne s'occupant plus pratiquement de nous. J'avais l'impression de respirer de nouveau, que la pièce était de nouveau gorgée d'oxygène! Je me décalais d'Ambre après qu'elle m'ai enlevé mon bras de son épaule. Sur le moment, j'avais imaginé durant une fraction de seconde qu'elle allait foncer tête baisée dans le gros lard! Faire un peu comme un jeu de quilles, Ambre étant la boule. Mais rien de tout cela se produisit. Bien au contraire. C'est à ce moment-là que je fis attention aux expressions de son visage. Elle avait l'air triste, accablée par ce qui venait de se passer. J'étais assez surprise, mais en même temps touchée. Elle venait de s'excuser. Ce qui était normal, mais je pensais autrement.

"Ce n'est rien, ne t'inquiètes pas. Ce n'est pas tous les jours que tu m'attires des problèmes. On s'en est bien sortie!" disais-je d'une voix amusée.

"Mais oui, à l'avenir, évite de faire cela sur mon lieu de travail." demandais-je sans être autoritaire.

Ce n'était pas un reproche que je lui faisais. Elle se sentait déjà assez coupable comme cela, je n'allais pas la chagriner davantage. Ce n'était pas en moi de reprocher aux gens leurs fautes. Je fit virevolter mes cheveux d'une manière nonchalante en tournant la tête vers le bac de CDs. Je remettais en place les quelques albums qui étaient en peu en vrac tout en parlant à Ambre.

"Tu cherchais un album en particulier?" lui demandais-je avec gentillesse.

Si je pouvais rendre service, cela était d'autant mieux. J'aimais faire plaisir, aider les gens. Et non, je n'ai jamais voulu devenir Soeur à la paroisse d'à côté, je n'étais pas à ce point-là et j'en serais très loin. J'étais contente de la revoir. Cela me faisait plaisir de discuter avec elle.

"Et bien! Quelle journée! Après m'être fait surprendre par mon patron en train de dormir sur le comptoir, j'assiste à un combat verbal! Je m'ennuie jamais à tes côtés." lui lançais-je amusée avant de rajouter "Tu veux qu'on discute un peu?" lui proposais-je en l'invitant à me suivre jusqu'au comptoir.
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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Dim 30 Oct - 9:59

Je m’excusais auprès d’Ambre, déçue par moi-même de ce que je venais de lui faire subir. Combien faudrait-il que cela arrive encore pour que je comprenne qu’il ne fallait pas que je fasse de conneries – avant de faire la connerie, s’entend. Je prenais mon visage dans l’une de mes mains et restais ainsi quelques secondes avant de relever la tête, un air de défi dans le regard. Cet air de défi, il n’était pas destiné à Ambre ou à l’un des idiots présent dans la boutique. Non, il m’était destiné. J’étais décidée à ne plus causer d’ennuis à la blonde, et si je n’étais pas sûre d’y arriver, j’allais au moins essayer de le faire et ce, en mettant à ma contribution toute l’énergie que je possédais.

« Ce n'est rien, ne t'inquiètes pas. Ce n'est pas tous les jours que tu m'attires des problèmes. On s'en est bien sortie ! »

Elle avait parlée d’une voix amusée, cachant sûrement de toute sa volonté, le fait que je l’avais déçue – encore une fois. Je soupirais en posant mes mains sur mes hanches. Il fallait que mon énervement redescende, dire que je puisse empêcher une nouvelle joute verbale – ou encore pire, physique – avec un pauvre inconnu passant par là. Mais comment faire redescendre tant de haine ? Toute cette haine que j’avais accumulée… Partirait-elle un jour ? Le fait que ma sœur soit déchue, qu’elle ait disparue et que personne ne cherchait à la retrouver, que je fus obligée de devenir déchue pour m’occuper moi-même de la retrouver. Ajouter à ça que le jour même, je m’étais réveillée en retard, avais pris une douche complètement glacée, m’étais faite surprendre complètement nue sous la douche par un inconnu et un gars que je n’appréciais pas, que j’avais été expulsée, que j’avais fait un meurtre et que j’avais trouvé un nouvel appartement… De la fatigue. Fatigue accumulée à de la haine. C’était ce de quoi j’étais composée depuis que j’étais déchue. Le Paradis n’était peut-être pas si mal pour moi après tout ? Si. Car, si j’étais restée là-haut, je me serais remplie de haine du fait de ne plus voir ma sœur, et ce jusqu’à ce que je sois expulsée contre ma volonté. Quelque part, c’était quand même mieux pour moi de vivre tout ça. Enfin, je crois…

« Mais oui, à l'avenir, évite de faire cela sur mon lieu de travail. » reprit Ambre.

J’acquiesçais sans grande conviction avant de me reprendre. Je ne devais pas commencer comme ça, sinon, la promesse que je venais de me faire n’allait pas tenir longtemps. J’arrêtais donc d’hocher bêtement la tête pour lui adresser un grand sourire – sincère cette fois – qui témoignait de ma nouvelle énergie.

« Promis Ambre, je ferais des efforts à l’avenir. Tu dois vraiment en avoir marre de t’occuper de moi comme on s’occupe d’un gamin de cinq ans. »

Je lui adressais un clin d’œil avant de me retourner vers las bacs à CDs que je parcourais rapidement sans rien trouver de très intéressant. Je continuais donc jusqu’aux bacs à vinyls, qui contenaient très souvent des perles rares de bonne musique. Pourquoi n’y avait-il que les vieilles musiques qui étaient bonnes ? Vraiment, les nouveaux groupes n’étaient pas à la hauteur des anciens. J’entendis des bruits de pas derrière moi, et du coin de l’œil, je vis Ambre s’approchait. Elle commença à fouiller dans les bacs, changeant quelque fois les CDs de place, avant de se tourner vers moi.

« Tu cherchais un album en particulier ? » me demanda-t-elle très gentiment.

Je continuais de chercher quelques secondes dans les bacs à vinyls avant de me tournais vers elle, un grand sourire toujours accroché aux lèvres. Cette fille était formidable. Elle était tout le contraire de moi ; gentille, serviable, à l’écoute et surtout, toujours persuadée qu’il y avait du bien dans chaque être qu’elle croisait. Je m’étais quelques fois surprise à m’imaginer devenir comme elle. Comme ci elle devait être un model pour moi. En fait, elle était un peu la version de l’ange idéal que je n’avais jamais été. Cela ne m’aurait pas étonné de la voir au Paradis et moi en tant que simple humaine sur Terre. Elle paraissait bien trop gentille pour être une humaine.

« Comme d’habitude. Je cherche des musiques de films. Et j’ai entendu dernièrement qu’ils avaient mis les musiques de Whip it sur vinyl. Je me demandais si vous n’aviez pas un exemplaire ici. »

Et voilà ! J’avais encore parlé de cette saloperie de film que je regardais déjà tous les jours ! C’est fou à quel point un film peut vous envahir l’esprit. Entre les heures que je passais devant mon écran plat à regarder le film et celles où j’étais tout simplement en train d’écouter en boucle les CDs, je ne pouvais pas prétendre que ma vie n’était pas rythmée par ce film. Enfin, il y avait tout de même des fois où ce film ne passait pas dans mes priorités. Car même si je passais le CD en boucle dans le 4x4, lorsque je cherchais ma sœur, j’étais bien plus préoccupée parce qui se passait autour de moi que par les musiques que je connaissais par cœur. Je recommençais à chercher parmi les vinyls, tout en tournant quelques fois la tête pour ne pas perdre Ambre de vue. Je ne voulais pas paraître encore plus grossière que je ne l’avais été précédemment, à ses yeux.

« Et bien! Quelle journée! Après m'être fait surprendre par mon patron en train de dormir sur le comptoir, j'assiste à un combat verbal! Je m'ennuie jamais à tes côtés. »

Je répondais du tac au tac, sans même avoir besoin de réfléchir à ce que j’allais dire. Un peu comme ci c’était quelqu’un d’autre qui parlait à ma place, tellement la réponse s’était vite échappée de mes lèvres. A moins que la réponse m’était parut évidente, tout simplement parce que j’avais déjà réfléchi à la question ?

« Tu serais déçue de savoir à quel point ma vie peut paraitre lassante lorsqu’elle est vécue en permanence. » lui répondis-je avec un clin d’œil.

Après quoi, Ambre m’emmena vers le comptoir du magasin, me faisant traverser divers rayons que je n’avais jamais visités, malgré les heures que j’avais déjà passé là. Lorsqu’elle fut près du comptoir, elle commença à fouiller dans des tas de papier, mais intérieurement – je ne savais pas pourquoi -, je devinais que c’était par manie et non pas parce qu’elle cherchait réellement quelque chose, sinon, elle ne m’aurait pas amené avec elle.

« Tu veux qu'on discute un peu ? »

Et là, j’eus la réaction la plus idiote que je n’avais jamais eut. J’éclatais de rire. Je pleurais tellement je rigolais. C’était une réaction inhabituelle venant de ma part, mais je dus même m’obliger à retrouver mon calme avant de regarder Ambre dans les yeux. Complètement inhabituel, c’était le cas de le dire.

« Ambre, seule toi sais à quel point je déteste parler car je préfère agir, et pourtant, tu es toujours la première personne à me demander de parler. Sûrement parce que tu es la seule à deviner quels seront mes prochains faits et gestes, mes prochaines paroles, mais aussi ce que je ressens. »

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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Mer 2 Nov - 23:57

J'observais les réactions d'Ambre. Je portais sur elle un regard bienveillant, plein d'affection et de sympathie. C'était assez étrange de ressentir cela. Même si j'étais toujours à l'écoute des fidèles de la paroisse, je n'étais pas aussi attentive qu'avec Ambre. Tout était diffèrent avec cette dernière. Je prenais le temps d'être à ses côtés, peu importe le moment ou la situation. Je l'aidais avec discrétion, du mieux que je pouvais pour éviter de la mettre mal à l'aise. J'étais l'amie discrète. Ambre n'était pas la fille à se confier facilement, on se ressemblait sur ce point-là, elle préférait se taire et agir, tête baisée. J'étais donc celle qui avait plus la tête sur les épaules et qui essayait au mieux de la canaliser, de la calmer. Je n'avais pas besoin de mots pour la comprendre, il suffisait simplement que je la regarde, l'observe pour entendre la voix de son coeur. Dit comme cela, ça faisait très illuminé, mais ce n'était pas le cas. Avec certaines personnes, il ne fallait pas employer la méthode traditionnelle, la parole pour communiquer. Ambre communiquait différemment. Elle communiquait avec son corps, ses émotions et non par le langage. Et c'était cela que j'observais avec attention pour la comprendre davantage et l'aider du mieux que je pouvais. Je sentais en elle une sorte de rage, de frustration qu'elle avait du mal à contrôler. Mais je ne saurais vous dire la raison de sa colère intérieure car, plus elle s'emportait, plus elle commettait des meurtres. Et dire que j'étais au courant de tous ses actes! Parfois je me surprenais à prendre sur moi pour tolérer ce qu'elle faisait. Je ne sais pas si tolérer est le mieux adapté. Je n'acceptais en rien ce qu'elle faisait subir à ces innocents. C'est comme si je laissais faire. Je me voilais les yeux comme si je voulais éviter de voir réellement le visage d'Ambre. Cette facette si sombre que je refusais, cette fois-ci, d'admettre. Je ne voulais voir que le bien en elle parce qu'elle le méritait. Et j'étais convaincue qu'elle avait du bien en elle. Elle était simplement torturée par ses vieux démons. Je restais donc à ses côtés, voulant profondément l'aider. Un jour, peut-être, je réussirais à la rendre plus douce...mais surtout à arrêter tous ces meurtres en séries. En ce moment, je tentais de la comprendre.

Ambre me paraissait une jeune femme bien mystérieuse. En effet, je ne connaissais pas vraiment ce qu'elle faisait dans la vie, ni sur son passé. Bien sûr, Ambre m'a déjà parlé de son passé, de sa vie... mais je n'étais pas tout à fait sûre qu'elle me disait la vérité. J'avais l'impression qu'elle me cachait quelque chose, mais quoi? Il y avait seulement un point sur lequel j'étais certaine. C'était que la jeune femme vivait seule, c'est-à-dire qu'elle n'avait pas d'attache à San Francisco. Que sa famille n'était pas présente à ses côtés. Je l'avais deviné bien avant qu'elle me le dise. Mais que voulez-vous? Je remarquais des détails que peu de gens portaient attention.
Je souriais à ce que venait de me dire Ambre. J'avais l'impression d'avoir en face de moi une personne beaucoup plus jeune que je prenais en main. Et malgré qu'elle ait vingt-quatre ans et moi vingt-et-un ans, j'avais cette drôle de sensation d'être un peu la grande soeur des deux. Il fallait dire que cela ne me déplaisait pas. Ce rôle m'allait à merveille, il fallait l'avouer. Toujours à aider, à soutenir, à écouter. De plus, si cela pouvait réconforter les gens et leur donner un peu d'espoir, ça me faisait d'autant plus plaisir. J'aimais cette nouvelle énergie que montrait Ambre.

"J'ai l'habitude de m'en occuper. La preuve, Sam est un véritable gamin!" disais-je en riant de bon coeur sur le ton de la plaisanterie.

En effet, je venais tout juste de descendre en flèche mon meilleur ami. Par contre, je ne me rappelais plus si je lui avais déjà parlé de ce dernier à la miss. Concernant Sam, j'aimais lui balancer des pics et des vannes, cela me faisait toujours rire. Et puis, il n'était pas présent aujourd'hui, alors je ne risquais pas de recevoir un boomerang comme réponse. Enfin, façon de parler. De plus, je ne mettais jamais réellement occupée de bambins et d'enfants. Je n'ai pas l'habitude de faire du baby-sitting et encore moins d'en voir à la paroisse. Non, ce n'était pas habituel même si cela ne me dérangerait pas. Enfin, j'ai suffisamment de responsabilités sur les épaules pour m'en rajouter des nouvelles. J'allais donc en rester là. Et puis Ambre faisait largement l'affaire. Elle était parfaite en gamine chahuteuse et colèrique! Hmm j'étais en train de dériver.

Whip It?! Cela me disait vaguement quelque chose. Ce n'était pas le nom d'un film où on voyait une bande de jeunes inconnues faire du derby roller dans les rues Californienne? Peut-être bien que si. Je souriais à Ambre en hochant la tête.

"Je pense que nous devons avoir cela. Je vais aller regarder." lui disais-je tout en notant le titre du vinyle sur l'un des petits carnets de la boutique dont un qui se trouvait dans ma poche.

C'était bien pratique pour éviter de se retrouver avec un trou de mémoire. Même si pour ma part, je n'avais pas la mémoire qui flanchait. C'était une simple précaution. Je continuais à suivre Ambre, tout en rangeant les vinyles dans le bon ordre. A force de faire du rangement et de trier, j'allais finir par me déclencher un véritable toc. Je vais devenir maniaque, si cela n'était pas déjà fait. J'avais du mal à passer devant un bac de CDs sans m'arrêter quand je voyais un CD de travers ou à la mauvaise place. Après, cela n'était pas pratique pour les clients de se repérer. Imaginez qu'un client cherche du ABBA et qu'il trouve à la place un album de Metallica?! Cela ne le ferait pas tellement. Le pire, c'est que je pensais n'être vraiment la seule qu'à me préoccuper de cela. La preuve, j'étais presque constamment à ranger les CDs alors que mes collègues s'occupaient d'autres choses. Je devrais peut-être envoyer Peter à ma place, cela le changerait un peu au lieu de s'amuser dans la pièce de détente réservée aux employés.

Tout en me dirigeant vers le comptoir avec Ambre, cette dernière venait de répliquer aussitôt après que j'eu parlé de mes aventures du jour. Je levais légèrement un sourcil, intriguée par ce qu'elle venait de me dire et quelque peu amusée. Lassante? Peut-être, mais elle ne l'était jamais quand je me retrouvais à ses côtés. Il se passait toujours quelque chose. Jamais vous ne verrez une journée sans qu'une tuile nous tombe sur le coin du visage. Sauf si on est toutes les deux en train de dormir toute la journée. Enfin, cela restait encore à voir. Je me demandais ce que pouvait être alors la vie d'Ambre. Cela avait plutôt l'air d'être dynamique et sans ennuies comme j'avais l'habitude de vivre avec elle. Mais évidemment, quand Ambre se retrouvait toute seule, je n'étais point là. Ce qui était logique. Ce qui faisait que je ne pouvais pas savoir ce qui se passait, ce qu'elle faisait. Après tout, peut-être qu'elle trouvait sa vie lassante, comme la plupart des êtres humains. Je ne pouvais en témoigner.

Arrivée derrière mon cher comptoir adoré - percevez l'ironie de cette phrase - je me mettais à trier des papiers, presque machinalement. C'était un réflexe que j'avais attrapé depuis que je travaillais ici. Au passage, je venais de déchirer le bout de papier du carnet de note que je tendis à Peter. Sur ce papier se trouvait le titre du vinyle que cherchait la jeune brune. C'est ainsi que je proposais à Ambre de discuter un peu, de me dire ce qui n'allait pas ou au contraire, ce qu'elle aimerait comme sujet de discussion. Et étrangement que cela puisse paraitre, la jeune Lewis se mit à rire aux éclats. Je levais alors la tête pour la regarder. Je me demandais ce que je venais de dire pour qu'elle s'amuse autant. Il n'y avait pourtant rien de désopilant dans ma question. Sur le coup, je riais légèrement, emportée par le rire communicatif d'Ambre. Je souriais face à une telle réaction. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu rire autant. Aurais-je découvert une nouvelle vocation? Humoriste faisant ses propres One Man Show! La foule serait en délire devant mon irrésistible humour. Sérieusement, qu'avais-je donc pris ce matin pour délirer à ce point-là? C'était vraiment n'importe quoi. Je riais à ma propre bêtise, en bougeant légèrement ma tête de gauche à droite, désespérée par mes pensées farfelues.
Je regardais de nouveau Ambre qui avait réussi à regagner son calme. Et ce qu'elle était en train de me dire n'était pas farfelue. Comme dit précédemment, Ambre n'était pas très douée pour communiquer à la manière habituelle des humains et elle venait encore de le prouver. J'affichais un sourire franc envers la jeune femme avant de lui répondre naturellement.

"Peut-être parce que je suis devin?" disais-je sur le ton de la plaisanterie, avant de rajouter "Je suis très obstinée comme fille. Un jour, tu délieras ta langue, ma chère!" lui lançais-je amusée en prenant l'air convaincu.

Je venais d'afficher un air à la Sherlock Holmes. Cet air qu'il avait quand il était sûr de lui et qu'il était sur une piste. Cependant, ce qu'elle venait de dire m'avait touché. Et même si je ne l'avais pas montré, je ne pouvais m'empêcher de sourire. Au fond, après tous les efforts que j'avais pu fournir pour l'aider au mieux, pour essayer de la comprendre... je n'étais pas tellement à côté de la plaque. J'avais réussi un peu à la découvrir. Je n'avais pas eu tort à son sujet, j'étais sur la bonne piste.

"Même si je devine un peu ce que tu ressens, parler fait du bien de temps en temps... Ca soulage et enlève un poids... va demander aux fidèles de la paroisse, c'est véridique! Ou même à une personne lambda que tu croiseras."

Je finissais ma phrase sur le ton de l'humour. Prendre l'exemple des fidèles étaient limite hilarant. Surtout que la jeune femme n'était pas abonnée à l'église. Cela devait être assez comique d'imaginer Ambre venir à l'église. Enfin bref, même moi je devais faire un peu plus preuve de rigueur. Cela faisait un bon moment que mes visites étaient assez irrégulières. J'avouais que je n'avais plus vraiment le temps d'aider mon père comme je le faisais avant. Maintenant que j'avais trouvé deux travails, je laissais mon père gérer seul. Mais bon, cela ne m'empêchait pas de rendre visite aux fidèles de temps en temps.

C'est alors que Peter, sourire aux lèvres, ramenait dans ses mains le fameux vinyle. Je lui souriais en le remerciant. Et évidemment, ce dernier exigeait un déjeuner en tête-à-tête sur le ton de l'humour. Je le regardais d'un air qui voulait tout dire, du genre "Sans blague?". Toujours aussi drôle le petit. Il repartit ensuite à ses occupations, ravit de m'avoir charrié.

"Voilà le vinyle Ambre, j'espère que cela ira." demandais-je poliment en lui tendant la pochette que je déposais sur le comptoir.
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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Dim 27 Nov - 13:34

Je me mettais à la place d’Ambre, essayant de deviner ce que je ferais si une personne soi-disant ‘adulte’ se mettait à se comporter comme un véritable gamin en vous apportant de nombreux problèmes, alors que vous faites de nombreuses choses pour cette personne. J’avais du mal à m’imaginer la situation, car je ne l’avais jamais vécue. Déjà, c’était souvent moi qui tenais la place de gamine et puis, je ne venais pas souvent en aide à des personnes qui pouvaient me voir. Cette situation aurait put m’arriver avec une seule et unique personne, une personne qui n’aurait pas sut me pourrir la vie cependant, quand bien même elle aurait essayé. Ma sœur. Et même si elle se conduisait de cette sorte avec moi, je ne pourrais que la pardonner. Mais pour Ambre, c’était différent. Je ne faisais pas partie de sa famille, ne pouvait même pas me considérer comme une amie par le fait que j’avais commencer à lui attirer des ennuis bien avant notre rencontre. Non, il n’y avait pas. Si je m’étais trouvé à sa place, en face de moi, à ce moment – ouhlà, même moi j’ai du mal à suivre -, je l’aurais certainement étranglé direct. Mais il y avait un problème. Ambre était fille de curé et n’avait aucune notion de comment faire le mal autour d’elle, et en plus, je possédais des gens de ‘super-pouvoirs’ qui me mettait dans une position ’supérieure’ par rapport à elle.

« Tu sais, si je t’embête trop et que tu en as marre de me voir, tu as juste à le dire. Et alors, je te promets que tu n’entendras plus jamais parler de moi… »

Je me mordis la lèvre inférieure tout en baissant les yeux. Il n’y avait bien qu’à Ambre que je pouvais faire une telle proposition. Et le pire, c’est que je savais qu’elle pouvait refuser rien que par pure politesse, quand bien même elle ne m’appréciait pas réellement. Mais… Attendez ! Qui était ce Sam dont elle venait de me parler ? J’adressais un regard interrogatif à la blonde, évitant tout de même de rentrer dans les détails de la question. Elle était peut-être blonde, mais elle était bien loin d’être stupide. Elle ne me répondrait seulement que si elle le jugeait nécessaire. Je ne la forcerais en rien, ne pouvait pas la forcer. De toute façon, même si je l’avais voulu, je n’aurais rien put lui faire devant autant de monde – car oui, le magasin était pas mal rempli, comme à son habitude.

Ambre se mit à fouiller dans les bacs disposés un peu partout dans le magasin, à la recherche du vinyle que je venais de lui demander. Il ne fallait pas qu’elle s’embête de trop, j’avais déjà commencé à chercher. Je levais les yeux au ciel. S’il était dans le magasin, il n’avait pas été disposé dans les rayons. Ce qui voulait dire qu’il ne fallait surtout pas l’abimer parce qu’il devait couter bonbon. Ce n’était pas grave, j’y mettrais le prix qu’il faudrait. Ma fan attitude n’avait aucune limite après tout. Je haussais les épaules avant de me tourner vers la blonde.

« J’ai déjà cherché par là. Te dérange pas trop, il est pas dans le coin. En tout cas, pas en rayon. »

Elle s’arrêta de chercher, se tournant aussitôt vers moi. Elle fronça les sourcils. Elle était en concentration extrême, c’était limite si je ne voyais pas son crâne fumé à cause de ses réflexions trop intenses. Je ne l’avais jamais vu comme ça auparavant, mais en fin de compte, ça devait être pas mal compliqué d’être vendeuse dans un magasin de disques. Savoir où était chaque disque, chaque goodies, chaque boitier de film… Il fallait avoir une sacrée tête. Pour une blonde, Ambre faisait preuve d’un courage admirable. C’est qu’elle devait avoir dû faire pas mal de travaux de réflexion pour en arriver à ce niveau. Elle devait avoir atteint ça limite d’ailleurs, une blonde ça ne peut pas être plus intelligent que ça, n’est-ce pas ? Ah non ! Voilà que ça me reprenait ! J’étais encore une fois vulgaire avec l’une de mes seules amies – pour ne pas dire la seule. Putain mais Ambre, ressaisis toi, on dirait que tu cherches à faire fuir le monde entier ! Ah mais, c’était peut-être le but finalement…

Je me mordillais la lèvre inférieure, honteuse de pouvoir penser de telles choses sur mon amie. Je lui en avais déjà assez fait baver pour pouvoir penser de telles absurdités. Encore une fois, mon côté sadique reprenait le dessus. D’ailleurs, peut-être n’existait-il qu’un côté sadique en moi ? Non. Avant de tout faire pour quitter le Paradis, j’étais gentille. C’était sûrement le manque de mes ailes et de mon auréole, sur une Terre, entourée de plus gros imbéciles les uns que les autres ; qui me faisait cet effet là. Si je me forçais un peu, il devait y avoir moyen de me rattraper. Oui mais non. J’aimais bien jouer la méchante. C’était carrément jouissif. Et puis, si je redevenais sympa, le Paradis pourrait essayer de me reprendre en son sein. Ce qui n’était pas possible tant que je n’avais pas retrouvé ma sœur.

« Je pense que nous devons avoir cela. Je vais aller regarder. »

Elle sortit un calepin et un crayon gris de sa poche pour noter le titre du vinyle. A quand, je disais qu’une blonde ne pouvait pas être si intelligente que ça… Non, Ambre ! Ferme là un peu ! Je disais donc qu’il était carrément possible que tout le monde puisse avoir un trou de mémoire en faisant un pareil job. Moi la première. Mais personnellement, le fait que ma créativité soit mon seul revenu, m’arrangeait plutôt bien. Une commande à la fois et en plus, je pouvais apercevoir les maisons dont j’avais fait le plan, dans la rue, une fois qu’elles aient fini d’être construites. C’était tout simplement génial. Mais peut-être que je devrais penser à devenir serial-killer, ça devait bien rapporter, et j’étais plutôt douée à ce niveau là. Ca devait être un bon compromis : dessiner lors de mes heures de travail, tuer des gens dans mon temps libre. Mais je risquais fort de commencer à plus privilégier mon temps libre à mes heures de travail si je faisais vraiment comme ça.

Je fouillais un peu dans les bacs tandis que nous passions à côté et Ambre rangeait par la suite tout ce que je touchais. Tant bien que j’aurais put ne jamais passer par là que ça n’aurait fait aucune différence. Je la soupçonnais d’être un peu maniaque sur les bords. Et en plus de ça, elle se faisait entuber. Elle était la seule à vraiment bosser dans ce magasin. Les autres vendeurs étaient dans l’arrière boutique à chaque fois que je venais, trop occupés à se bourrer la gueule pour pouvoir faire correctement leur boulot. Et le pire, c’est qu’ils étaient payés autant qu’elle. Elle devrait protester. Un jour, quand la blonde ne serait pas dans le magasin, je ferais bien un passage éclair pour en toucher un mot au patron jusqu’à ce qu’il l’augmente de lui-même – ou avec un léger coup de pouce.

Nous nous dirigions vers le comptoir. Ainsi, Ambre trouvait ma vie intéressante. Qu’est-ce que j’aurais donné pour pouvoir vivre sa vie de blonde insouciante rien qu’une brève journée ! Etre cherchée en permanence par les flics et par les gars du Paradis – si si, j’étais sûre qu’ils étaient à mes trousses -, ne savoir se faire respecter que par la force, être incapable de se faire le moindre vrai ami – sauf quelques exceptions -, vivre seule en permanence et avoir les mains couverts par le sang de ses victimes… Cela avait ses avantages mais aussi – surtout – ses inconvénients. Et puis, ce n’était qu’un gros cercle vicieux qui se répétait en permanence. Je faisais toujours les mêmes choses. Et même si, au début, je trouvais ça assez cool, au bout d’un certain temps, c’était devenu carrément chiant. Le seul piquant qu’il y avait dans ma vie c’était quand on se faisait des défis avec Ambre ou que je voyais les filles du derby. Je n’avais plus peur de rien, j’étais complètement désensibilisée. Si je me faisais choper par les flics, ça me faisait juste gravement chier. Aucune peur, je ne pouvais pas mourir. Je pouvais juste être condamnée à pourrir sur Terre jusqu’à la fin. Et puis, si le Paradis me faisait vraiment trop chier, j’avais toujours moyen de me faire recruter aux Enfers, ce qui ne serait pas franchement difficile. Je pouvais faire tout le sale boulot que personne ne voulait, je n’en avais plus rien à foutre à ce stade là. On ne pouvait même plus me faire de mal à ce stade là. La douleur physique n’était rien. C’est psychologique la douleur. Si quelqu’un te crame avec un lance-flamme, t’as juste à te dire que t’as pas mal, et puis là… Magie ! T’as plus mal du tout. En fait, ma seule faiblesse était ma sœur. Mais bon, passons.

La blonde se glissa directement derrière son comptoir. Elle se mit machinalement à feuilleter les papiers qu’il y avait si et là. Il ne lui manquait plus qu’un cigare et un chapeau avec écrit « presse » et elle ferait une parfaite reporter – d’apparence du moins. Je souriais toute seule devant cette éventualité.

« Je te verrais bien rédactrice en chef dans un journal. T’y as déjà pensé ? » lui dis-je tout en lui adressant un clin d’œil complice.

Ambre appela un autre vendeur et lui tendit la feuille qu’elle venait d’arracher de son calepin. Celui où elle avait marqué le titre du vinyle que je cherchais. Lorsqu’elle se retourna vers moi, je lui adressais un léger sourire avant d’entrelacer mes doigts et de poser mes avant-bras sur le comptoir. Je me sentais bien dans cette boutique, au milieu de tous ces disques. Cela avait quelque chose d’assez décontractant d’être entourée par de la bonne musique – j’eus tout de même un léger froncement de nez en pensant au rayon rap.

« Peut-être parce que je suis devin ? » m’avait-elle dit d’un ton léger. « Je suis très obstinée comme fille. Un jour, tu délieras ta langue, ma chère ! »

Elle partit dans un rire léger et je ne pus que la suivre. Elle était vraiment sympa comme fille. Malgré tous les soucis que je l’avais obligé à supporter, elle était plus que jamais sympathique avec moi. C’était incompréhensible, mais ça m’allait parfaitement. Enfin, c’était assez logique. Si je pouvais être aimé tout en faisant des crasses, c’était assez bénéfique. En fait, j’aurais put être créé au Paradis. La gentillesse qui m’habitait autre fois avait belle et bien disparue, ce qui n’était pas plus mal.

« Ça, c’est toi qui le dit ! » plaisantais-je.

En effet, je n’avais pas l’habitude de parler de moi. En fait, même au Paradis, les gens qui me fréquentaient, n’étaient au courant de pratiquement rien sur ma vie, mis à part ce que je souhaitais exceptionnellement leur montrer – c'est-à-dire pas grand chose. Sur Terre, rien de nouveau de ce côté-là. Les gens étaient toujours aussi peu avancés sur ma vraie vie. En fait, il n’y avait qu’à ma sœur que j’arrivais à réellement me confier, et, manque de chance, elle avait été virée du Paradis il y a de cela près de deux ans, et je ne l’avais pas vu depuis. Le poids de mes secrets commençait à vraiment m’atteindre. Mais ce n’était pas pour autant que je me confierais à la première personne que je rencontrerais. Je préférais encore que l’on me tire dessus à la mitraillette, que l’on me brule et que l’on me jette ensuite d’un avion en plein vol, que de dire tout ce que j’avais sur le cœur à n’importe qui. Bon okay, je suis un peu extrême, mais vous vous souvenez que je suis née des mains de Dieu ? Je ne peux pas mourir, donc, comme la douleur est psychologique et que par conséquent je n’y faisais pas attention, qu’est-ce que vous voulez que je choisisse d’autre. Était-ce ma faute si j’étais aussi peu prête à être en harmonie avec les autres ? Non. C’était de la faute de Dieu, il avait foiré ses branchements. Et il n’en avait rien à faire de les foirer, parce que ça ne le regardait plus par la suite. Connard.

« Même si je devine un peu ce que tu ressens, parler fait du bien de temps en temps... Ca soulage et enlève un poids... va demander aux fidèles de la paroisse, c'est véridique ! Ou même à une personne lambda que tu croiseras. »
« Comme-ci tu m’imaginais vraiment capable d’aller faire un sondage sur les sentiments. Allez, arrête de te foutre de moi, je sais que tu as raison, ça s’arrête là. »

Je lui adressais un nouveau clin d’œil complice avant de partir sur un rire léger. Pourquoi un rire léger ? Parce que je me sentais légère comme une plume lorsque j’étais à côté de la blonde. J’étais carrément libérée de mes divers soucis et cela me rendait heureuse. Non mais vous vous rendez compte ? Moi, me sentir heureuse ? C’était carrément exclusif. Et gardez vous bien de le dire à Ambre, ça lui ferait trop plaisir. Et tout le monde sait qu’une overdose d’émotions, ce n’est pas bon pour la santé. Si si, vous pouvez me croire, c’est pour son bien que je vous dis ça.

« Voilà le vinyle Ambre, j'espère que cela ira. »

J’étais tellement occupée par mes pensées que je n’avais même pas remarqué que le collègue de la blonde était venu lui rapporter le vinyle. Je lui adressais un signe de main avant qu’il ne s’engouffre de nouveau dans l’arrière boutique. Quel blaireau ! Il était déjà reparti. Je fusillais la porte par laquelle il venait de passer, du regard, avant de me tourner vers Ambre, un sourire flottant toujours sur mon visage.

« Parfait ! Merci Ambre, c’est vraiment cool. »

Je me retournais pour prendre de l’argent en liquide dans mon sac en bandoulière. Près de cinquante dollars. Je les posais sur le comptoir, avant de les pousser en direction de la blonde.

« Voilà, il devrait y avoir le compte. Garde la monnaie en pourboire. »

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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Mer 14 Déc - 21:04

Je levais légèrement un sourcil, l'air perplexe. Que venait-elle de dire? Que si elle m'embêtait de trop, qu'elle disparaisserait de ma vue? C'est bien gentil tout cela, mais jamais je dirais à Ambre de partir. Quelle idée! On se demandait où elle allait chercher tout cela... J'admets que parfois la jolie brune se comportait d'une façon qui laissait à désirer dans certaines situations, qu'elle pouvait être grossière, agressive, une vraie calamité! Mais elle restait tout de même atta-chiante. J'imagine que plus d'une personne aurait pété un câble avec Ambre. Cela ferait longtemps qu'ils l'auraient renvoyé sur les roses ou tué sur place. Il fallait avoir un sacré mental pour la tolérer, mais encore plus pour faire preuve de gentillesse avec elle. Dit comme cela, la jeune fille ressemble à un dragon aux yeux des autres. Sauf que je ne la voyais pas comme cela. A mes yeux, elle n'avait rien d'un dragon crachant du feu par colère. Elle était tout simplement une jeune femme normale, avec son propre caractère bien affirmé. Et j'arrivais très bien à la supporter, même si, au fond, j'espérais qu'elle change un peu, ou du moins, qu'elle s'adoucisse. Mais si on enlève ce côté-là, je n'avais aucune raison de faire partir Ambre. Je l'appréciais vraiment et il ne fallait pas avoir un mental d'acier pour l'accepter. Je ne me forçais pas à être gentille, je le faisais avec plaisir et naturellement. Je l'aidais du mieux que je pouvais et même si elle paraissait insupportable certains jours, je ne levais jamais la voix, je restais calme. Tout d'abord parce que je n'étais pas de nature colérique et que la présence d'Ambre ne me dérangeait pas. Elle avait beau m'avoir attiré des problèmes dans le passé et même encore aujourd'hui, je continuais à l'apprécier. Je n'avais donc aucune raison de vouloir son départ, même si je pense que la brune devait s'en douter un peu.


"Tu sais... ce n'est pas du jour au lendemain que tu partiras de mon champ de vision!" lançais-je sur le ton de la plaisanterie, tout en restant sincère.


Après avoir fait le nécessaire, c'est-à-dire chercher le vinyle Whip It dans les bacs, rangée les CD's correctement à leur place par ordre alphabétique et par genre, m'embêter une fois de plus à remettre de l'ordre dans un autre bac après le passage d'un client... Bref, la belle vie quoi! Bon, cela n'était pas pire que de travailler dans les mines. A côté de ça, mon job, c'était le Paradis! Mais il fallait bien avouer que mon travail m'épuisait quelque peu. De plus, étant quelque peu maniaque, je ne pouvais m'empêcher de tout remettre en ordre, que tout soit correctement à sa place. Et je pouvais y passer des heures et des heures à farfouiller dans les bacs, soit pour ranger, soit pour aider. Aider ne me dérangeait en rien, par contre, à force de ranger, cela en devenait épuisant. Surtout que j'étais la seule à le faire! Sur le moment, je ne me rendais compte de rien, trop absorbée par mon travail et les différentes tâches à effectuer. C'était après, en rentrant chez moi, que je me disais que je n'étais pas la seule vendeuse de la boutique et qu'il fallait peut-être que les autres m'aident un peu plus. Et puis, j'avais beau demander un peu d'aide, c'était toujours la même chose. Tout d'abord, tout le monde travaille et au fil des heures, les vendeurs et vendeuses s'éclipsent un à un jusqu'à ne plus voir personne. A part quelques apparitions par-ci, par là quand ils daignaient montrer le bout de leur nez. Et je ne disais rien. Pourquoi? Je n'en savais rien et la plupart du temps, j'oubliais complètement d'en parler. C'était ainsi.

Je m'étais donc mise derrière mon cher comptoir en farfouillant un peu partout. Pendant que mon collègue partait chercher le vinyle, Ambre m'avait adressé la parole. Je souriais automatiquement à sa remarque. Rédactrice en chef de mon propre journal? Non, je n'y avais jamais pensé. Devenir journaliste, oui, ou même chroniqueuse TV. Avant de revenir à San Francisco, j'étais partie faire mes études à l'université de Yale. Des études de journalisme spécialisé dans la communication et l'audiovisuel. J'étais partie pour devenir journaliste ou même reporter, parcourant les différentes villes, voire même les pays pour interviewer, capturer des images... bref, la vraie vie d'une journaliste. Malheureusement, tout ne s'était pas passé comme prévu. En effet, au cours de ma deuxième année d'étude, ma mère tomba gravement malade d'un cancer du sein. Attristée par cette nouvelle, mais surtout effrayée qu'il lui arrive quelque chose, j'avais décidé de quitter la fac pour aider ma mère à s'en remettre et à aller mieux. La soutenir, tout simplement. Le fait d'être à ses côtés était pour moi le plus important. Tout en restant à la maison, j'avais continué mes études par correspondance. J'ai pu ainsi terminer correctement mes trois années d'études, tout en restant auprès de ma mère. Ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai une licence en poche et ma mère va de mieux en mieux. Travailler dans cette boutique et de temps en temps au café était seulement temporaire. Le temps de me trouver un job dans un magazine, un journal ou même à la télévision locale. Commencer au bas de l'échelle ou plus au-dessus, mais jamais devenir rédactrice en chef de mon propre journal. Ambre venait de me donner l'idée. Mais hélas, il y avait encore beaucoup de chemin à parcourir pour réussir. Déjà, il fallait que je trouve un emploi à la hauteur de mes compétences, qu'on puisse m'engager selon mes capacités et ma motivation. Pour l'instant, cela n'était pas la question. J'y réfléchirais plus tard, quand le moment sera venu. Un jour, peut-être, je partirais pour faire ce que j'aime vraiment: journaliste.

J'adressais un sourire tendre à Ambre, mes yeux quelque peu tâchés d'une certaine tristesse.


"Pour tout te dire... non, je n'y ai jamais pensé. Mais il est vrai que tu viens de me donner une bonne idée. Je vais y penser sérieusement, mais avant toutes choses, il faut que je trouve un job dans ce secteur... et là! Ce n'est pas gagné!" disais-je en finissant ma phrase en riant de bon coeur.


Oh que oui! J'avais beaucoup de chemin à parcourir et ce n'était pas demain la vieille que j'allais monter mon propre journal ou devenir rédactrice en chef. Quoique, il ne faut jamais perdre espoir. L'espoir fait vivre, c'est bien connu. Je retenais donc cette idée en tête que j'allais au fil du temps faire mûrir.

Je riais aux réflexions suivante de mon double. C'est vrai que j'avais du mal à l'imaginer faire un sondage dans la rue. Demander aux passants ce qu'il pensait des sentiments, de se confier aux autres, ce que l'altruisme pouvait apporter à la personne... bref, pris sous cet angle, il était clair que la scène que j'imaginais en tête était très hilarante. Surtout que Ambre ne serait pas du genre aimable et à sourire tout au long de la journée. Non, ce serait même le contraire. Elle voudrait bouffer la moindre personne qui passerait devant elle. Comique était l'adjectif qui collait à Ambre. Assez contradictoire, mais ses manières et certaines de ses attitudes étaient définitivement comiques.


"Jamais je me moquerais de toi Ambre." disais-je en affichant un léger sourire amical.


Peter venait donc m'apporter le vinyle tant attendu par Ambre. Après la blague à deux francs, je pris le vinyle des mains de ce dernier et fit les manipulations requises. C'est ensuite que je tendis la musique à ma très chère cliente qui affichait un sourire. Un sourire que j'appréciais. Il montrait un côté léger et heureux. Sûrement l'effet du vinyle. Mon double me remerciait avec joie. Et encore une fois, j'étais ravi d'avoir pu rendre service. Faire plaisir aux gens était naturel chez moi et j'aimais, vraiment. Ca me faisait plaisir de voir les gens heureux ou même affichait un léger sourire grâce à l'une de mes actions ou de mes mots.
Ambre était en train de chercher la monnaie dans son sac en bandoulière. Elle en sortie un peu d'argent qu'elle me déposa sur le comptoir. Prenant l'argent dans mes mains, je comptais ce dernier quand mon double me demanda de garder la monnaie. Je reprenais mes calculs avant de me rendre compte que, effectivement, Ambre m'avait laissé un sacré pourboire! A mes yeux en tout cas. Je me sentais un peu gênée. J'avais l'impression de racketter ou de faire l'aumône. Je rangeais l'argent exacte dans la caisse avant de poser le reste sur le comptoir.


"Non, reprend ton argent Ambre. Je n'en ai pas besoin. Mais merci quand même."


Je lui affichais un sourire compatissant, l'air désolé. Comme si c'était moi qui lui avait forcé la main. N'importe quoi! Mais que voulez-vous? Je ne suis pas Ambre pour rien! Il y a bien une raison derrière tout cela, même plusieurs.

Je regardais l'heure qui s'affichait sur ma montre. Ma journée de travail allait bientôt se terminer. Je regardais de nouveau Ambre, un sourire aux lèvres.


"Je termine mon service dans environ une heure... si tu veux, on pourra aller prendre un café ou faire autre chose?" proposais-je à Ambre.


J'espérais intérieurement qu'elle accepte. Se détendre, changer d'air et penser à autre chose faisait vraiment du bien. Rien qu'une bonne promenade au Parc, c'était déjà bien!

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MessageSujet: Re: You Want Something ? [PV A. Lewis]   Mer 11 Jan - 14:36


Ambre me regardait en levant un sourcil, l’air totalement perplexe. En fait, elle me regardait comme-ci je racontais n’importe quoi. Comme-ci j’étais en train de dire la plus grosse bêtise du monde. C’était peut-être le cas, je n’en savais rien, il m’était impossible de juger ça. Je n’étais pas dans la tête de la blonde, et même si mes pouvoirs me permettaient de la traverser, ils ne me permettaient pas pour autant de lire ce qu’il se passait dans sa tête. Et ça, ils ne me le permettraient jamais, quoi qu’il arrive. Je laissais donc ma phrase en suspens, attendant qu’Ambre me fasse un signe me disant de partir ou encore de rester. Celle-ci ne prit même pas le temps de réfléchir, répondant du tac au tac. Cependant, elle éludait la question, n’y répondait pas directement. Elle l’évitait et je m’en rendis compte, ce qui me procura un certain pincement au cœur.

«Tu sais... ce n'est pas du jour au lendemain que tu partiras de mon champ de vision ! »

Cela ne voulait pas dire qu’elle voulait que je parte, mais cela ne voulait pas dire qu’elle voulait que je reste non plus. Ou bien, peut-être que cela voulait dire les deux à la fois. Un peu un truc du genre que si elle me demandait de partir, je resterais planter là, à la coller comme une ventouse. Ainsi, ne me croyait-elle pas digne de confiance ? Capable de partir si tel faisait son bonheur ? Je ne ressentais rien pour Ambre. Rien, à part une profonde amitié qui me dictait de lui offrir tout ce qu’elle voulait ; même si cela pouvait me faire du mal, même si cela me blessait au plus profond de moi-même, même si cela pouvait causer ma perte. Et ma bisexualité n’avait rien à voir là-dedans. Cela n’avait rien à voir du tout, contrairement à ce que j’avais pu penser au début. Je considérais juste la blonde comme une sœur, comme la sœur que j’avais perdue. Elle m’apportait tout ce que ma grande-sœur ne m’apportait plus depuis qu’elle avait disparu.

Je me retournais, faisant quelques pas dans la boutique. Mes jambes tremblaient. Je n’avais pas réussi à saisir le véritable sens des paroles d’Ambre. Et si c’était une sorte de message codé dans lequel elle me demandait de partir dès maintenant pour ne plus jamais réapparaître dans sa vie ? Mon cœur se serra tandis que retenais de justesse une larme de roulait sur ma joue. En vérité, je refusais de me séparer une deuxième fois de quelqu’un qui m’était cher. Ainsi, sûrement avait-elle raison – si tel était le sens de ses paroles -, peut-être n’aurais-je pas la force de me séparer d’elle. Et donc, ayant vu juste comme à chaque fois, elle ne voulait pas me faire du mal en me demandant de dégager, quitte à prendre sur elle pour ne pas me hurler à la gueule que je lui faisais profondément chier. Bon. Mieux valait me reprendre et essayer de garder quelques distances pour le moment, dire qu’elle ne me trouve pas trop soulante à la longue, surtout si le sens de ses paroles ne voulait pas encore dire cela.

En fait, je n’étais pas encore bien adaptée du tout à la vie sur Terre. Le langage humain était trop sinueux pour moi, il m’arrivait souvent d’en oublier quelques mots, au détriment – parfois -, de pouvoir faire passer dans mes paroles quelques choses d’important. Il me restait encore difficile de comprendre ce que voulait dire les gens, tout était si compliqué, si subtile. Il fallait sans cesse analyser le son de la voix de celui qui vous parlez, si vous ne vouliez pas vous retrouver bête et complètement larguer, face à des paroles ironiques. Toutes ces subtilités de langage n’existaient pas au Paradis. Ce n’est pas que je regrette l’époque où je vivais là-bas, mais je dois quand même avouer que des fois, tout était plus simple. Les gens étaient francs entre eux et on n’était pas obligé d’être une lumière pour pouvoir s’exprimer librement. On n’avait pas la tête pleine à cause d’une encyclopédie rien que pour comprendre sa langue natale !

Je poussais un soupir – j’en avais réellement marre de comparer sans cesse la Terre et le Paradis, d’autant plus que ce dernier n’était plus mon lieu d’habitation -, avant de retourner à côté d’Ambre qui continuait à trifouiller dans les bacs de vinyles. Toujours en train de bosser ! Mais je ne pouvais pas lui demander si elle pouvait prendre une pause, je venais de me promettre de garder quelques distances pour être sûre de ne pas trop lui prendre la tête. J’attendais donc patiemment qu’elle finisse son service pour… Pour quoi au juste ? L’attendre pour l’obliger à aller boire un café avec moi, c’était mettre en échec ce que je venais de dire. Pourquoi était-ce donc si compliqué ? Bon, il ne me restait plus qu’à faire un deal avec moi-même : j’attendais de voir s’ils possédaient le vinyle que j’étais venue chercher, et s’ils ne l’avaient pas je partirais sans protester. C’est d’accord Ambre ? Tout à fait d’accord. On a jamais l’air assez con quand on se fait des auto-promesses.

Je suivais la blonde jusqu’au comptoir du magasin, où elle demandait à l’un de ses collègues d’allait voir après les soundtracks de Whip it en vinyle. J’attendais patiemment son retour, regardant avec intérêt Ambre triturait les feuilles de papiers éparpillées ici et là, afin de les rassembler. Elle devait être vraiment stressée au quotidien, et ça se ressentait dans tout ce qu’elle faisait. C’était marrant mais inquiétant en même temps. Je me mordais la lèvre inférieure en même temps, dire de ne pas commence à râler comme à mon habitude. Si elle travaillait trop, c’était à elle de s’en rendre compte et pas à moi de m’en mêler. Je démarrais donc sur un nouveau sujet, décidément, je ne me sentais pas de rester dans le silence alors qu’une personne que je considérais comme une amie – peut-être la seule, d’ailleurs – se trouvait à proximité. Je demandais donc à Ambre si elle avait déjà envisagé une carrière dans le journalisme la tenterait plus, et plus particulièrement, le travail de rédactrice en chef. Comment le sujet m’était venu ? Ne me posez pas la question, je ne m’en souvenais déjà plus.

« Pour tout te dire... non, je n'y ai jamais pensé. Mais il est vrai que tu viens de me donner une bonne idée. Je vais y penser sérieusement, mais avant toutes choses, il faut que je trouve un job dans ce secteur... et là! Ce n'est pas gagné! »

Tout de suite, un éclat de malice se figea dans mon regard. Ainsi donc, c’était un travail duquel elle rêvait ? J’avais tapé dans le mille. Des fois, je me trouvais vraiment génialissime. Peut-être les antécédents d’être un ange déchu me direz-vous ? Mais non, comme vous le dites vous-même, je suis déchue, donc plus rien à voir du côté de Dieu tout puissant. Il ne pouvait y avoir que ma formidable capacité de déduction là-dedans, le Grand ne me prêtait plus aucune attention de là-haut. Je ne faisais plus partie de ses fidèles et Il n’en avait donc plus rien à foutre de ma gueule. Enfin, encore fallait-il prouver qu’Il en ait déjà eu quelques choses à faire. Et je vous assure que de ce côté-là, c’est vraiment pas gagné.

Je regardais la blonde rire. Sa joie était communicative, et très vite, je m’étais mise à rire avec elle, de bon cœur. C’était à ses côtés que je passais les meilleurs moments. En fait, je ne lui avais jamais avoué, mais je l’admirais beaucoup. Enormément même. J’espérais pour elle qu’elle s’en doutait, car sinon, elle devrait attendre encore pas mal de temps avant de se l’entendre dire par moi-même. En effet, j’admirais la jeune femme par son courage. C’était vachement courageux d’affronter ses problèmes de façon aussi calme. Regardez moi, ma façon de m’y prendre, c’était de tout cassé, de tuer tout le monde, de n’avoir aucune pitié. En fait j’étais égoïste. Et Ambre, elle, lorsqu’elle avait un problème en face d’elle, ou encore quelqu’un qui lui déplaisait particulièrement, son premier réflexe était de le prendre comme si elle parlait à un ami ou bien que la situation était tout à fait normale et qu’elle était en train de vivre l’un des moments les plus heureux de sa vie.

« Tout dépend de tes connaissances. »

Je lui répondais avec un clin d’œil. Comme-ci je venais de faire une confidence de la plus haute importance alors que ce n’était aucunement le cas. A dire ça, je risquais fort de lui faire avoir des faux espoirs. Elle pourrait fort bien croire que j’étais en moyen de lui dégoter une place dans un journal alors que ce n’était pas le cas. Quoi que, à vrai dire, avec un peu de volonté, tout était possible. Je serais très bien capable de débaucher un job pour Ambre mais qui sait si elle ne me le reprocherait pas ? Après tout, la nature humaine était bien trop compliquée pour moi.

Secrètement, j’espérais tout de même pouvoir lui trouver une place pour le métier qu’elle espérait exercer. Peut-être que cela rachèterait le fait que je l’embêtais sans arrêt ? Tout du moins, si cela pouvait la rendre heureuse, même si ça ne rachetait rien du tout, cela pouvait m’aller. Je ne voulais que le bonheur d’Ambre. Je ne voulais que le bonheur d’Ambre. Je ne voulais que le bonheur d’Ambre. Je me rappelais plusieurs fois cette phrase pour être sûre de ne pas l’oublier. Il était réellement important de la retenir comme il se fallait.

« Jamais je me moquerais de toi Ambre. »

La blonde m’adressait un sourire amical qui me fit chaud au cœur. Je l’appréciais vraiment cette fille, elle était ma seule amie. Je lui adressais un sourire en retour tandis que l’un de ses collègues – celui à qui elle avait demandé tout à l’heure pour aller chercher après mon vinyle dans la réserve – revint avec mon saint graal. Mes yeux se mirent à pétiller tandis que je le regardais ramener l’épais carton aux couleurs noires, blanches et vertes. Avec ce petit bijou en poche, je pourrais retourner dans mon nouveau studio sans plus embêter Ambre plus longtemps. Mais partir une fois servie n’étais pas dans mes habitudes. En plus, cela pouvait paraître ingrat. Je ne fréquentais pas la blonde juste pour avoir diverses réductions à la boutique – loin de là d’ailleurs.

La jeune femme m’était vraiment sympathique, et si je ne voulais pas perdre son amitié, je me devais de ne pas m’éclipser une fois servie, à moins qu’elle ne m’en donne l’autorisation. Un peu comme quand il fallait demander l’autorisation pour sortir de table une fois que nous avions fini de manger, dans mon Italie natale. J’eus un petit sourire à cette pense. Cela remontait à loin, vraiment très loin !

« J’espère bien ! De mon côté, je n’oserais jamais me moquer de toi, parole de… Ambre ! »

Je partis dans un grand éclat de rire. Après quoi, je posais l’argent sur le comptoir de la boutique, juste en face de la blonde. Je lui disais de garder la monnaie tandis qu’elle comptait les billets. Il devait y en avoir pour cent dollars alors que le vinyle en coutait soixante. Je faisais donc don d’un sacré pourboire à mon amie. Lorsqu’elle m’entendit lui annoncer ça, elle écarquilla les yeux et me regarda, complètement affolée. Comme-ci j’avais dit la plus grosse bêtise du monde, alors que ce n’était aucunement le cas.

« Non, reprend ton argent Ambre. Je n'en ai pas besoin. Mais merci quand même. »

Elle m’adressait un sourire compatissant, comme-ci c’était elle qui m’avait forcé la main. N’importe quoi ! Je lui adressais un regard noir. J’étais énervée contre elle pour la première fois de ma vie ! Tous ces imbéciles qui essayaient de vous forcer la main au quotidien pour que vous leur remplissiez la poche alors que vous n’en aviez aucune envie. Et les personnes à qui vous aviez vraiment envie de faire plaisir – excepter les associations humanitaires – refusaient constamment de prendre votre argent. Je fulminais. Le système était bizarre. Vraiment trop bizarre. Je croisais les bras, me renfrognant.

« Soit tu le prends, soit je le donne aux autres glandeurs là-bas dans l’arrière-boutique qui ne bossent pas depuis une demi-heure. C’est toi qui choisi, mais hors de questions que je remette cet argent dans mon sac. Au pire, prend ça comme cadeau de noël. »

Une vraie gamine vous dites ? Eh bien, cela tombe mieux car je l’assumais – et je l’assume toujours d’ailleurs – totalement. J’étais têtue et m’en rendait compte, bien évidement. Cela me plaisait de ne pas être quelqu’un de facile à vivre. Je n’aimais pas être comme tout le monde, je préférais avoir un caractère qui m’était propre. Peut-être que cela embêtait des personnes diverses et variées, mais je n’en avais rien à faire… Quoi que, Ambre risquait de m’en vouloir et de me trouver trop lourde ? J’haussais les épaules, en réponse au vent. C’était le risque à courir quand il s’agissait de rester soi-même. Un risque que j’étais prête à prendre d’ailleurs.

« Je termine mon service dans environ une heure... si tu veux, on pourra aller prendre un café ou faire autre chose ? »
« Entendu. »

Je lui adressais un sourire avant de me détourner pour aller l’attendre à l’extérieur. Je repasserais à la fin de son service, ce serait plus simple, et je la dérangerais moins.


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You Want Something ? [PV A. Lewis]

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